Sexe ou genre, des chiffres pour relativiser certaines modes

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Sous la rubrique OPINION du quotidien 24heures du 24 mai 2024, un texte signé par le député vert-libéral Jacques-André Haury attire notre attention. Il se trouve que cet élu est également médecin : il sait de quoi il parle lorsqu’il évoque les études de genre. Elle sont utiles admet-il. «Mais lorsqu’elles affirment que le genre est une pure construction sociale, indépendante du sexe biologique, elles dérapent. Sous leur influence, diverses dispositions «non genrées» ont été prises. Par exemple, à l’UNIL, les diplômes ne mentionnent plus si «Camille» ou «Dominique» sont Monsieur ou Madame. À la HEP, ces diplômes non genrés ne sont délivrés que sur demande. Or, de 2020 à 2023, sur près de 4000 diplômes délivrés, un seul a fait l’objet d’une demande d’effacement du genre. Un seul sur 4000! Alors que les milieux qui militent pour la transition de genre parlent de 10% de personnes en «dysphorie de genre».
Sur près de 85’000 naissances annuelles en Suisse, on dénombre 30 bébés dont le sexe anatomique est incertain. Parler de «genre assigné à la naissance», comme d’une démarche administrative, est donc une absurdité. Dans 999,6 naissances sur mille, le sexe biologique ne souffre aucune contestation. Et dans le 0,4 pour mille restant, ce n’est justement pas à la naissance, mais après plusieurs semaines ou mois qu’on peut «assigner» un sexe.
Il ne fait pas de doute que des patients en «dysphorie de genre» souffrent, tout comme souffrent les jeunes qui se trouvent trop petits, trop grands ou trop blonds. Mais la médecine doit être honnête: une transition de genre constitue toujours une mutilation, qu’elle soit hormonale ou chirurgicale. Et toute démarche de propagande visant à pousser des enfants ou des jeunes à effectuer une «transition» doit être mesurée à cette aune. Il est toxique de demander à un petit garçon de 6 ans s’il ne préférerait pas être une fille: c’est aussi irresponsable que de lui demander s’il ne préférerait pas avoir d’autres parents.
Alors pourquoi les «études genre» ont-elles un tel pouvoir sur nos sociétés? La puissance du lobby LGBT constitue une part d’explication. Ajoutons-y tous les idéologues de gauche qui refusent le rôle de l’hérédité dans l’identité d’un individu, tout étant «acquis» sous l’influence de la société (…)» —.

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Newsletter N° 220 – 27 mai 2024 | Source : Perspective catholique

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Eric Bertinat
Éric Bertinat, né à Genève en 1956, est horloger diplômé et technicien en microtechnique. Il s’engage en politique dès les années 1980 et est élu au Grand Conseil genevois en 1985. Après une interruption, il retrouve le législatif genevois en 2005, jusqu’en 2013, sous les couleurs de l’UDC, dont il sera notamment secrétaire général à Genève. Élu au Conseil municipal de la Ville de Genève en 2011, il en devient président pour la période 2018-2019. Il quitte le Conseil municipal en 2023 après douze années de mandat. Engagé depuis longtemps dans la défense de la souveraineté et de la neutralité suisses, il a également milité au sein de l’ASIN. En 2010, il fonde Perspective catholique, association consacrée à l’analyse de l’actualité politique et sociale à la lumière de la doctrine sociale de l’Église. Il a également animé la revue Controverses et collabore à diverses publications.

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