Sacre d’évêque(s) – Dans le sillage de la fidélité

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Eric Bertinat – Trente-huit ans après les sacres épiscopaux conférés par Mgr Lefebvre, le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), M. l’abbé Davide Pagliarani, a annoncé, le 2 février, en la fête de la Purification de la Sainte Vierge, le sacre prochain d’un ou de plusieurs évêques. Cette décision, attendue, vise à assurer la continuité de l’œuvre de Mgr Lefebvre (1) et à garantir aux fidèles, toujours plus nombreux à travers le monde, l’accès à la liturgie telle que fixée après le Concile de Trente et aux sacrements de l’Église.

Ni le nombre, ni les noms sont aujourd’hui connus. Nous envisageons, ce qui est purement spéculatif, le sacre de trois nouveaux évêques : deux pour pallier la disparition de Mgr Williamson et de Mgr Tissier de Mallerais, et un troisième pour tenir compte, modestement mais réellement, du développement de la Tradition, qui s’apparente aujourd’hui à une véritable ré-évangélisation du monde.

Ou davantage encore, laissons à la FSSPX le soin de trancher. Cette décision relève de sa responsabilité propre, que l’on imagine longuement mûrie dans la prière, avec prudence et discernement.

On peut être sensible aux arguments des opposants, qu’ils soient modernistes ou bénéficiaires de l’indult selon les conditions habituelles d’acceptation du Concile Vatican II. Pour ces derniers, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que la plupart des Instituts ayant conservé la liturgie et l’enseignement bimillénaire de l’Église doivent leur action sacerdotale à Mgr Lefebvre. Si la Tradition dans le monde se porte bien (et est combattue !), se développe, c’est parce que l’arbre portait de bons fruits.

On peut aussi, comme moi, se reconnaître débiteur insolvable, selon la formule de Jean Madiran, envers la FSSPX, reconnaître sa dette spirituelle et bénéficier des services de ces bons prêtres qui, à travers le monde, offrent quotidiennement le saint Sacrifice sur l’autel et se dévouent sans compter pour leurs paroisses.

Enfin, relevons la date même de cette annonce : la Présentation de Jésus au Temple. Grande fête christologique, elle met l’accent sur Jésus offert au Père, sa première offrande. Dans le chapelet, ce mystère invite notamment à méditer sur l’accueil du Christ dans le Temple de notre cœur. C’est exactement dans cet esprit que j’accueillerai les futurs évêques : avec confiance, paix, et une profonde admiration pour l’œuvre qu’ils auront à accomplir.

(1) En 2022, la FSSPX déclarait compter plus de 700 prêtres parmi ses membres, pour un total de 1 135 membres.

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Eric Bertinat
Éric Bertinat, né à Genève en 1956, est horloger diplômé et technicien en microtechnique. Il s’engage en politique dès les années 1980 et est élu au Grand Conseil genevois en 1985. Après une interruption, il retrouve le législatif genevois en 2005, jusqu’en 2013, sous les couleurs de l’UDC, dont il sera notamment secrétaire général à Genève. Élu au Conseil municipal de la Ville de Genève en 2011, il en devient président pour la période 2018-2019. Il quitte le Conseil municipal en 2023 après douze années de mandat. Engagé depuis longtemps dans la défense de la souveraineté et de la neutralité suisses, il a également milité au sein de l’ASIN. En 2010, il fonde Perspective catholique, association consacrée à l’analyse de l’actualité politique et sociale à la lumière de la doctrine sociale de l’Église. Il a également animé la revue Controverses et collabore à diverses publications.

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