JD Vance : la défaite de Trump sonne-t-elle le glas du trumpisme ?

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WASHINGTON D.C., USA - FEBRUARY 4, 2025: Vice President JD Vance attends a press conference with Prime Minister Benjamin Netanyahu and President Donald Trump in the East Room of the White House.

Eric Bertinat – Au lendemain des élections de mi-mandat du 3 novembre, une partie de la presse enterre déjà Donald Trump, le mouvement MAGA et, par anticipation, les ambitions présidentielles de James David Vance. Le site web d’information américain Axios parle d’un raz-de-marée démocrate, The Guardian d’un désaveu historique. Le constat est net : les démocrates reprennent les deux chambres du Congrès, jusque dans des États traditionnellement républicains. Les deux dernières années du mandat s’annoncent difficiles.

Mais confondre ce scrutin avec une présidentielle est une erreur. Les élections de mi-mandat sont législatives, et presque toujours défavorables au parti au pouvoir. L’histoire américaine le rappelle : Bill Clinton essuie une déroute en 1994, puis est réélu en 1996. Barack Obama subit un revers comparable en 2010, avant de l’emporter en 2012. Faire du 3 novembre 2026 un pronostic pour 2028 serait imprudent.

La distinction est une réalité. Depuis 2016, Donald Trump a remodelé le Parti républicain autour de la défense des frontières, de la critique de la mondialisation, du protectionnisme, du refus des interventions militaires prolongées et de la défiance envers les élites. Ces orientations ne s’effacent pas avec une défaite. Or les républicains ont buté sur le coût de la vie, l’effet des droits de douane et la guerre contre l’Iran. C’est la conduite du gouvernement qui a été sanctionnée, pas nécessairement l’ensemble des convictions qui ont porté Donald Trump au pouvoir. C’est là que se joue l’avenir du mouvement, et celui de JD Vance.

À 42 ans, il n’est plus le jeune sénateur de l’Ohio choisi comme colistier en 2024. Selon le Washington Post, il a tenu dix-sept meetings depuis la convention de septembre et s’est investi dans le financement du parti, tissant un réseau personnel indispensable à une candidature. Ses proches assurent que la défaite ne changera pas fondamentalement sa position dans les primaires. Il n’a toutefois rien annoncé, et devra compter avec Marco Rubio, dont le président des USA a évoqué en juin l’idée d’un tandem avec JD Vance pour 2028.

Sa singularité tient au ton. Il défend la ligne de Donald Trump mais incarne beaucoup plus nettement les préoccupations des électeurs sur le logement, l’énergie ou la guerre en Iran. Pas de rupture, mais une volonté d’élargir son audience. Reste le dilemme classique du vice-président : s’affirmer sans désavouer celui à qui il doit son ascension.

Un catholique en route vers la Maison-Blanche ?
Converti en 2019, JD Vance n’enferme pas sa foi dans la sphère privée, à l’opposé des politiciens européens. Lors d’un meeting dans le Nebraska en octobre, une femme est victime d’un malaise : il interrompt son discours, fait appeler les secours, se signe et invite la salle à réciter le Notre Père. Un geste simple, mais fort de la part du vice-président américain, dans une société où la place publique de la religion fait débat. Cette visibilité ne garantit pas que toutes ses positions épousent intégralement la doctrine sociale de l’Église. Mais elles doivent être jugées sur leurs portées dans la société américaine. L’ignorer serait réducteur.

Ce scrutin est un sérieux avertissement, sans être une réponse sur 2028. D’ici là, l’économie évolue, les priorités changent, de nouvelles figures émergent. La question n’est pas de savoir si Donald Trump a perdu, elle est de savoir ce qui, de son héritage, lui survivra. Sur ce point, JD Vance n’a sans doute pas dit son dernier mot.

 

Crédit photo : Shutterstock

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Eric Bertinat
Éric Bertinat, né à Genève en 1956, est horloger diplômé et technicien en microtechnique. Il s’engage en politique dès les années 1980 et est élu au Grand Conseil genevois en 1985. Après une interruption, il retrouve le législatif genevois en 2005, jusqu’en 2013, sous les couleurs de l’UDC, dont il sera notamment secrétaire général à Genève. Élu au Conseil municipal de la Ville de Genève en 2011, il en devient président pour la période 2018-2019. Il quitte le Conseil municipal en 2023 après douze années de mandat. Engagé depuis longtemps dans la défense de la souveraineté et de la neutralité suisses, il a également milité au sein de l’ASIN. En 2010, il fonde Perspective catholique, association consacrée à l’analyse de l’actualité politique et sociale à la lumière de la doctrine sociale de l’Église. Il a également animé la revue Controverses et collabore à diverses publications.