Argumentaire contre l’ouverture des magasins le dimanche

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1) Catholique
Le dimanche est le « Jour du Seigneur ». Le 3ème commandement de Dieu nous demande de sanctifier le Jour du Seigneur. L’Eglise, quant à elle, précise que cette sanctification passe par le culte que tout catholique doit rendre à Dieu en ce jour. Or, le repos dominical est une condition pour que ce culte soit authentique; comment avoir l’esprit disponible pour les affaires spirituelles si la journée est remplie de préoccupations matérielles? Travail ou shopping, peu importe, ce sont là des obstacles au culte divin. Il y a déjà suffisamment d’activités indispensables le dimanche (médecine, urgence, transport, etc…). Ne faisons pas du dimanche un jour comme les autres! La Suisse est un pays chrétien fondé sur des bases catholiques, respectons-les.

Message de la Salette : « Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l’accorder. C’est ça qui appesantit tant le bras de mon Fils. » La Sainte Vierge a clairement dit à la Salette que le travail des hommes le dimanche était une faute grave sujette à des châtiments divins. Pourquoi donc ces crises économiques, pourquoi tant de chômage, pourquoi ces catastrophes naturelles? A vouloir se passer de Dieu, les hommes s’enlisent dans une société sans avenir.

Matérialisme à outrance (plus de place pour le spirituel). Notre société de consommation fige les hommes dans le matérialisme. Argent, loisirs, gadgets, plaisirs, autant d’idoles vers lesquelles les hommes se précipitent sans pour autant en être heureux; et pour cause, l’être humain a besoin de réalités spirituelles. En l’absence de telles valeurs, les seules issues possibles sont suicides, meurtres, drogue, dépressions, sectes, beuveries, autant d’échappatoires à cette réalité vidée de spirituel. Cessons donc de tirer dans ce sens, redonnons au spirituel sa place dans la société, favorisons un dimanche à l’abri des préoccupations matérielles.

2) Général
Augmentation des contraintes sur le personnel. Avec des ouvertures tardives et durant les dimanches et jours fériés il est indéniable que les besoins en personnel vont augmenter. Mais étant donné le côté exceptionnel de ces ouvertures, les employeurs ne vont pas s’engager dans des embauches supplémentaires. De ce fait les premiers pénalisés seront les employés sur lesquels une pression pourra être mise, afin de les avoir à disposition durant ces périodes d’ouverture.

Difficultés supplémentaires pour les familles (spécialement monoparentales) qui devront trouver des solutions un jour de plus pour leurs enfants

De nos jours la garde des enfants devient un problème de plus en plus important; que ça soit dans les familles où les deux parents travaillent ou en cas de situation monoparentale, la prise en charge des enfants est une préoccupation non sans soucis. En acceptant d’étendre les horaires d’ouverture des magasins on amplifie fortement ce problème dont les répercussions, tant économiques que sociales sont énormes.
Augmentation de la délinquance (enfants laissés à eux-mêmes un jour de plus)

De nombreux parents risquent de passer plus de temps au travail au détriment de leurs enfants, les abandonnant ainsi à eux-mêmes et favorisant de ce fait la délinquance; ce problème vise tout particulièrement les parents qui sont dans des situations (financière, sociale, …) délicates et n’osent de ce fait pas refuser d’étendre leurs horaires de travail, de peur de diminuer leurs revenus, voire de perdre leur emploi.

Impacts sur la santé (stress, dépressions). De nombreuses études scientifiques ont prouvé que la santé et l’équilibre passent par un rythme de vie régulier: que ça soit au niveau de l’alimentation, du sommeil, du repos et de toutes les activités qui remplissent une vie, la société se doit de favoriser un bon équilibre. Or les horaires d’ouverture tels qu’ils sont proposés ici vont au détriment de cette harmonie pourtant si importante pour la santé; les conséquences de stress qui en découleront augmenteront les cas de maladies nerveuses et dépressive, avec tous les impacts sociaux et financiers qui en découleront.

Effet domino. En autorisant quelques dimanches d’ouverture par années on ouvre la porte à toute une logique purement basée sur le profit; non seulement on s’expose à ce que cela devienne régulier, mais on donne également un signal à d’autres types d’activités qui suivront (de gré ou de force): d’une part d’autres corps de métier nécessaires se verront contraints de suivre les mêmes horaires (transports, sécurité, etc…); d’autre part ce premier pas va donner à d’autres entrepreneurs l’idée d’étendre les horaires de travail en vue de maximiser leur profit; à quand l’ouverture des bureaux 24h/24, des ateliers, etc… Ne nous engageons pas dans la voie de l’esclavage!

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Eric Bertinat
Éric Bertinat, né à Genève en 1956, est horloger diplômé et technicien en microtechnique. Il s’engage en politique dès les années 1980 et est élu au Grand Conseil genevois en 1985. Après une interruption, il retrouve le législatif genevois en 2005, jusqu’en 2013, sous les couleurs de l’UDC, dont il sera notamment secrétaire général à Genève. Élu au Conseil municipal de la Ville de Genève en 2011, il en devient président pour la période 2018-2019. Il quitte le Conseil municipal en 2023 après douze années de mandat. Engagé depuis longtemps dans la défense de la souveraineté et de la neutralité suisses, il a également milité au sein de l’ASIN. En 2010, il fonde Perspective catholique, association consacrée à l’analyse de l’actualité politique et sociale à la lumière de la doctrine sociale de l’Église. Il a également animé la revue Controverses et collabore à diverses publications.