Eric Bertinat – Commerces pillés. Écoles incendiées. Policiers pris pour cibles. Les images ont fait le tour du monde, et le monde y voit un pouvoir à bout de souffle. À six mois de la présidentielle, qui s’en étonne ?
Pendant trente ans, on nous a servi le même refrain : tout va bien, circulez. Des gouvernements de gauche, bien sûr, mais aussi des libéraux, et un patronat toujours friand de main-d’œuvre abondante, ont signé ce chèque en blanc. Qui, au sommet de l’État, s’est demandé qui entrait, dans quelles conditions, et avec quels moyens pour le faire vivre dans nos lois et notre langue ? Personne. Les réseaux de drogue prospéraient sous leurs fenêtres ; ils n’ont rien vu, ou n’ont rien voulu voir. Pas de contrôle sérieux des entrées. Pas d’exigence d’intégration. Pas de sanction. Pourtant une partie des personnes qui arrivent en Europe viennent de pays marqués par la guerre, la répression ou l’effondrement de l’autorité publique.
Accueillir n’a jamais voulu dire renoncer. Une nation qui ne maîtrise ni ses frontières ni ses quartiers n’est plus hospitalière : elle est démissionnaire. Et ce sont d’abord les habitants de ces quartiers, les honnêtes gens, y compris d’origine étrangère, qui paient la facture du laxisme.
Qu’on ne nous réponde pas que l’on «stigmatise». Ce qu’on dénonce, c’est l’imprudence de ceux qui ont gouverné. Ce n’est pas l’origine d’un casseur qui fait de lui un coupable, c’est son geste. Mais l’État, lui, a une responsabilité précise : avoir laissé s’installer des territoires où la loi ne passe plus, sans jamais payer le prix politique de l’avoir rétablie.
Les avertissements ne manquaient pas, et ils viennent d’ailleurs. Javier Milei, sur LCI le 21 septembre, voyait dans Bruxelles «le déclin de l’Europe» et «la marche lente vers le socialisme», mettant en cause la politique migratoire européenne. Le 18 octobre, Donald Trump tonnait sur Truth Social : «La France brûle ! L’immigration de personnes venant d’un monde complètement différent, des personnes qui nourrissent la haine dans leur cœur, a détruit ce pays autrefois grand. Fermez les frontières et reprenez le contrôle, avant qu’il ne soit trop tard !» On peut juger leur style outrancier. On ne peut plus juger leur diagnostic hors sujet.
Que faut-il ? Cesser les grands discours. Contrôler les entrées. Expulser les étrangers délinquants. Casser les trafics, quartier par quartier. Frapper vite et fort les violences, quel qu’en soit l’auteur. Exiger de chacun le respect du pays qui l’accueille. Et rendre à l’école sa mission : transmettre, pas excuser.
Reste le fond. Quelques semaines après la visite de Léon XIV, la France a montré qu’elle savait se recueillir et se réjouir dans l’ordre. Mais on ne peut pas éternellement saper les fondements moraux d’une nation, puis feindre la surprise quand la violence s’engouffre dans le vide. La France est aujourd’hui un pays en sursis.


