La contraception condamnée par l’Église (2/4) : La contraception cultive le meurtre

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Abbé Thibault de Maillard – La votation qui veut promouvoir la contraception à Genève ne tient pas compte de la réalité démographique du monde occidental. Mais elle obéit à une logique aveugle de limitation des naissances. Une limitation qui s’auto-justifie, sans plus aucun lien avec les données qui nous viennent du terrain. C’est pourquoi un évêque suisse a récemment rappelé la pertinence du concept de culture de mort : c’est le logiciel auquel obéissent les promoteurs du progrès matérialiste et qui permet d’expliquer le volontarisme des progressistes dans leur course à la limitation des naissances.

Un précédent parmi d’autres, le rapport de l’UNFPA
Un rapport récent du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Etat de la population mondiale 2025, révèle bien la logique dans laquelle sont enfermés nombre de ceux qui se prétendent les chantres du progrès.
L’UNFPA a été fondée en 1969, lors de la grande peur de la surpopulation mondiale. Elle a encouragé tous les moyens limitatifs des naissances. Cependant, la situation a changé et aujourd’hui, de nombreux pays sont confrontés à une baisse alarmante de la natalité. En Suisse, l’édition du 19 juin 2026 du 20 minutes souligne que «le nombre de naissances recule pour la quatrième année consécutive». Le document de l’UNFPA veut prendre en compte cette réalité en parlant de «manque d’autonomie reproductive». Nous nous attendrions à ce que l’UNFPA promeuve un retrait des méthodes de limitation des naissances. C’est le contraire qui se produit.

Il veut aggraver encore le recours aux contraceptifs en l’encourageant dès l’âge de 10 ans, afin de garantir «des décisions éclairées et volontaires en matière de reproduction». L’agence promeut notamment l’accès universel à tous les types de contraceptifs.
Elle révèle ainsi obéir à une logique univoque de préférence pour des moyens qui en réalité sont au service de l’individualisme jouisseur. Profiter sans risque : c’est leur maxime. Et peu importe que le réel suive ou non.

L’explication de Mgr Huonder
La lettre pastorale du 29 juin 2018 de l’évêque de Coire (Suisse), aujourd’hui décédé, explique bien les motifs réels des promoteurs de la contraception. Elle énonce de façon très significative que la contraception appartient à «la culture de mort».
Le prélat sait bien que «beaucoup rejettent cet enseignement de l’Eglise», mais celle-ci «comme son Fondateur, doit être prête à afficher sa contradiction».

La lettre pastorale reprend les principaux points de l’Encyclique Humanae Vitae. Elle dit donc que l’amour entre époux chrétiens signifie «persévérer, autant dans la joie que dans la souffrance de la vie quotidienne». C’est-à-dire que la fuite systématique de la procréation et de l’éducation des enfants pour le confort des adultes dénote une conception de la vie qui est erronée. La difficulté et la souffrance sont inévitables : le Christ nous l’a rappelé sur la Croix. Vouloir l’éviter à tout prix par les moyens techniques, c’est être sûr de la voir revenir par effet boomerang, souvent bien plus vite et bien plus fort.
Mgr Huonder note aussi qu’avec la contraception, la déstabilisation des mariages et donc des familles a fortement augmenté, ce qui conduit à la peur de l’attachement et à l’incapacité de s’engager. En effet, la contraception encourage une approche consommatrice des relations sexuelles, et favorise donc l’infidélité. D’où la perte de confiance dans l’engagement marital.
Enfin, Mgr Huonder signale la confusion entre avortement et contraception rendue possible depuis que certains contraceptifs ont des effets comparables à un « avortement précoce ». Par un glissement facile, la logique du plaisir sans contrepartie devient de plus en plus exigeante. Après avoir brisé l’unité de l’acte conjugal, elle est prête à briser la vie naissante : pour la même fin et dans le même geste d’égoïsme.

Pourquoi parler de culture de mort ? Parce que tout cet enchainement d’égoïsme rend la naissance tellement indésirable qu’on en devient prêt à éradiquer toute vie naissante. La pilule abortive et l’avortement deviennent l’acte de culte par lequel le fidèle de la religion des Droits de l’Homme sans Dieu offre un sacrifice à son propre ego, hypertrophié au point d’exiger le sacrifice d’une autre vie pour son propre confort.

Conclusion
Le seul mot juste pour qualifier ce système est bien celui d’horreur. Absence de cohérence. Négation sereine du réel. Culte narcissique de l’ego. Jusqu’au meurtre accompli froidement. Voilà le produit d’une société qui a perdu le repère de la loi divine naturelle et révélée. C’est pourquoi la Bible dit :
«L’insensé dit dans son cœur : il n’y a pas de Dieu ! Ils se sont corrompus, ils commettent des crimes abominables ; il n’en est aucun qui fasse le bien.» (Psaume 53, verset 2).
Le chrétien et le sage voteront non à la loi permettant le financement de la contraception par le canton de Genève.

Sources : cath.ch – FSSPX.Actualités – 18/07/2018/ LifeSiteNews/InfoCatólica – FSSPX.Actualités