Nicolas Moulin – Sur le site de l’Etat du Valais, un document d’une importance non négligeable est disponible au public. Il s’intitule : Rapport annuel d’activité de l’Inspection cantonale des finances pour l’année 2025. Les départements et les offices sont passés en revue par une commission afin de déterminer si les exigences financières qui les concernent sont respectées.
Lorsque l’on arrive à la page 8 du rapport de 48 pages, honneur à l’office de l’asile (OASI). Je cite : « les milliers de tickets de la caisse de l’administration centrale ne font l’objet d’aucun classement systématique et sont parfois conservés en vrac dans une fourre en plastique, sans indication dans le libellé comptable quant à la nature de la dépense. » Dans ce fouillis de 1’456 classeurs à analyser, la commission d’inspection déplore une opération « complexe, chronophage et peu efficiente ». Ainsi le contrôle a dû se limiter à « un échantillon restreint de transactions ».
Jusqu’ici rien de bien criminel si ce n’est un peu de désordre. Etant certainement tous un peu coupables de ce manquement, loin de nous de leur jeter la première pierre. Cependant, le tort ne se limite pas à de la paperasse mal organisée. Voyons voir.
• 5’500 CHF ont été réglé par la caisse pour la réparation d’un véhicule qu’un requérant d’asile mineur non accompagné a endommagé.
• 45’000 CHF ont été déboursé pour de l’huile d’olive entre 2017 et 2025. L’adresse du fournisseur mène à une simple boîte aux lettres et non à un commerce alimentaire. Et pour couronner le tout, rien de tout ceci n’est justifié par des factures mais par des quittances manuelles.
• En 2024 seulement, l’OASI a déboursé près de 580’000 CHF par le biais de la caisse pour l’achat de 19 véhicules. Lorsque la commission s’est penchée sur le parc véhicule, une quarantaine ont été acheté entre 2022 et 2024. En temps normal, l’acquisition d’un véhicule doit être validée par le chef du Département et les assurances automobiles sont gérées de manière centralisée. Le mode paiement a donc permis de contourner les deux directives tout en s’évitant les reproches des instances de contrôle.
• LORA est l’application utilisée par l’OASI pour la gestion de ses dossiers. Dans un rapport datant de 2005, l’application avait déjà été pointée du doigt comme étant caduque et ne répondant pas aux standards de sécurité émise par le service cantonal de l’informatique.
De plus les paiements ne passent pas par la procédure intégrée dans SAP. Au moins, 20 ans plus tard, « un projet informatique est en cours pour intégrer le traitement et le paiement des factures de l’OASI ».
Nous ne mentionnons ici que les manquements liés à l’asile. Il est tout de même intéressant de rappeler que ces manquements relevés par la commission ne font partie que « d’un échantillon restreint de transactions ». Mais on pourrait poursuivre et s’attarder encore sur le fond cantonal pour l’intégration socio-professionnelle qui ne respecte pas la loi ou encore les dépassements de budget extraordinaires de l’hôpital du Valais.
Les médias en ont fait brièvement mention et le chef de service a été interrogé. Résultat : il n’avait pas connaissance de ces méthodes peu orthodoxes et il rappelle quand même qu’il y a une crise migratoire. Le conseiller d’Etat responsable, lui, n’a pas souhaité s’exprimer. Dommage pour celui dont le slogan de campagne électorale était : « l’humain d’abord ».
Il est malheureusement nécessaire de dénoncer cet usage plus que questionnable de nos impôts car c’est malhonnête et personne ne s’est excusé auprès des contribuables. Cela doit nous pousser à davantage réfléchir au moment de voter : qui défendra nos intérêts et qui dilapidera nos biens ? Et finalement, il y a une belle leçon pour nous à savoir qu’il y a un ordre à la charité. Même s’il sied d’agir en bon samaritain, cela ne peut se faire au détriment de ceux plus proches de nous.


