Crans-Montana : «Et Dieu dans tout ça?»

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Nicolas Moulin – Alors que les articles sur le sujet surabondent et font état de toujours plus de faits choquants, de détails insignifiants ou de chiffres effrayants, permettez un «dé-zoom» pour porter nos esprits dans la sphère divine. Lors de la cérémonie tenue à Martigny le jour du deuil national, le journaliste Philippe Revaz de la RTS, entourés de Mgr Charles Morerod et Rita Famos, présidente de la Fédération des Églises protestantes de Suisse, posait la question suivante: «Et Dieu dans tout ça?» C’est à cette épineuse question que nous tentons d’esquisser un élément de réponse.

Que l’on soit relativiste, végan, communiste ou catholique, il y a pour tous une certitude absolue: la vie ici-bas a un début et une fin. La conception en est le point de départ nécessaire et la mort l’issue certaine. Autant la naissance est source d’une réjouissance sans commune mesure, autant une effrayante appréhension entoure le sujet de la mort. Notre instinct le plus fort est celui de la conservation de la vie ce qui explique tant de tracas à la simple pensée du dernier souffle. Et la gorge nous serre également lorsque nous songeons au départ inévitable de nos proches. D’où vient que Dieu qui est si bon, permette cela?

«Le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort» nous confie saint Paul dans son épître au Romains. Et c’est un point essentiel ! La mort n’était pas prévue dans le plan de Dieu. Si nous n’avions pas péché, notre départ vers l’éternité ressemblerait plus à celui du prophète Elie. Mais puisque l’homme s’est détourné du Créateur, la mort est son héritage. Malgré tout, dans sa bonté infinie, Dieu permet une différence notable entre la mort du juste et celle du pécheur impénitent. Songeons un instant à la mort du saint Curé d’Ars en comparaison de celle de Voltaire. Même si la mort est un châtiment, elle peut être douce et méritoire.

Malgré tout, ce qui interpelle dans la récente tragédie, c’est l’âge des victimes. Comment un Dieu si bon peut-il venir cueillir ces jeunes gens dans la fleur de l’âge ? Une réponse simple serait un écueil et mènerait à limiter Dieu dans sa toute-puissance. C’est pour cela qu’il faut dès le début de cette discussion se préparer à ne pas tout comprendre, ni tout pouvoir expliquer mais simplement recevoir quelques axes de réflexion.

Interrogeons-nous avant tout sur la vie avant d’en expliquer son terme. Est-ce que quelqu’un a déjà désiré être avant le début de son existence ? Non ! Nos parents nous ont certes désiré avant que nous soyons mais ils ne faisaient que se mettre à disposition du bon vouloir divin et de sa force créatrice. C’est donc Dieu qui nous a voulu et choisi personnellement pour être, vivre un certain temps et revenir à Lui. De ce point de vue, la vie est un cadeau extraordinaire qui nous rappelle qu’aux yeux de Dieu nous sommes uniques. Il nous accorde à cet effet des grâces personnalisées afin d’accomplir un devoir d’état unique et personnel.

Alors vient ensuite la fameuse question : combien de temps disposons-nous pour accomplir ce programme ? Nul ne sait. La vie ici-bas est une période probatoire de durée connue par Dieu seul. «Dieu a donné, Dieu a ôté ; que le nom de Dieu soit béni !» (Job, 1,21) Ainsi s’exprimait le saint homme Job qui avait compris que la mort prématurée de ses enfants faisait partie du plan divin. La vie n’est donc pas un droit mais bien un cadeau. Mais puisque Dieu est le maître du début et de la fin, ne pensez-vous pas que ces moments soient fixés aux moments les plus opportuns pour notre salut ?

Dieu était évidemment présent à Crans-Montana, Dieu veillait et préparait ses jeunes âmes à entrer dans son éternité. Il faisait prier ailleurs pendant qu’Il cueillait les fruits mûrs de sa vigne, non pour les arracher à l’amour des leurs, mais pour les envelopper d’un amour plus grand encore. Il les emmenait là où toute larme est essuyée et où la vie n’a pas de fin. La RTS a publié l’explication de la tragédie par une survivante. Après avoir décrit comment elle a aperçu le feu, elle dit avoir cherché la sortie. La cohue est telle qu’elle trébuche. Des gens dans tous les états possibles se retrouvent rapidement au dessus d’elle. Alors saisissant son crucifix elle se met à prier le Seigneur: «Je ne veux pas mourir !» Elle pense à ses parents, à la dernière fois qu’elle leur a parlé. Finalement, de nul part, un inconnu attrape sa main et la sort de ce qui aurait dû être sa dernière demeure. Elle s’en sort sans aucune brûlure. Oui, Dieu était là, Il pourvoyait comme toujours dans sa façon infiniment bonne et mystérieuse.

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Nicolas Moulin
Né en 1997, Nicolas Moulin est un jeune valaisan dont le parcours allie ingénierie et spiritualité catholique. Ingénieur aéronautique de formation, il passe son temps dans l'univers binaire des mathématiques pour faire vivre les siens. Entre le Bachelor et le Master, c'est vers le séminaire de la FSSPX que celui-ci se tourne pour former son âme catholique par l'étude et la méditation. Passionné par le Magistère et par une vision chrétienne de la société, il a rejoint l'équipe de Perspective Catholique avec laquelle il espère faire lire l'actualité avec un regard chrétien.

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