Consécration des USA au Sacré Cœur de Jésus

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Nicolas Moulin – La conférence épiscopale américaine a déclaré qu’elle allait procéder à la consécration de leur pays au Sacré Cœur de Jésus en juin 2026. Le mois de juin est traditionnellement celui du Sacré Cœur et l’année 2026 marquera le 250ème anniversaire de la déclaration d’indépendance. Les évêques ont voté en faveur de cette consécration à un tournant majeur de leur histoire. Ils y invitent tous les citoyens à se joindre à leur pieuse entreprise et promettent de diffuser du matériel d’instruction relatif à cette consécration.

Le 13 juin 1675 Marguerite Marie Alacoque reçoit au cours d’une de ses nombreuses visions du Sacré Cœur le message suivant : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour ». C’est un cri d’amour suprême qui ne fait que rappeler les motifs pour lesquels le Christ s’est livré à la mort ignominieuse de la croix. Il tente, dans cette France refroidie par le jansénisme, de raviver la foi en son amour et de libérer les âmes de cette doctrine suffocante. Après des demandes répétées, l’Église institue la fête du Sacré Cœur qui sera étendue à l’Église universelle en 1856 par Pie IX.

Dans un article, l’archevêque de Portland Alexander K. Sample écrit que cette pieuse coutume est une façon de reconnaître la royauté du Christ. Même si ce sont les mots sont empruntés à Léon XIII, ce sont ceux-là que le prélat décide de garder et de reformuler. Que de réjouissantes nouvelles du pays qui connaît de plus en plus de remous en ce début d’année ! Alors que tant d’États ont choisi de découronner le Christ, le clergé américain planifie de l’introniser publiquement !

Le prélat continue son explication en commentant certains passages de l’encyclique Dilexit Nos du pape François. Puisque ce Cœur a porté nos infirmités et nos maladies, relève-t-il, nous devons être plus attentif aux maux de notre prochain. Si Dieu lui-même a donné sa vie pour nous, ne devons-nous pas être prêts à donner la nôtre pour les autres ? Il commente ensuite quelques passages de la récente encyclique du pape Léon XIV, Dilexit Te, pour encourager le peuple chrétien à se mettre au service de son prochain mû par la charité du Christ. Dieu, en effet, a une place particulière dans son Cœur pour ceux qui s’occupent des plus faibles.

Même si le texte de consécration s’avère plus centré sur l’homme que sur Dieu, soyons certains que notre Créateur saura récompenser ce clergé courageux.

Arrêtons-nous maintenant sur les conséquences d’une telle consécration au niveau de la société et de l’individu. Pour cela, revenons dans le temps, aux alentours de la naissance du Sauveur. Lorsque les rois mages se rendirent à Bethléem pour adorer l’Enfant-Dieu, ils prirent avec eux de l’or, de l’encens et de la myrrhe. A cela, le père De Dreux commente « Vos adorations intérieures doivent être accompagnées de témoignages extérieurs ».

Le commentateur spirituel explique ensuite la symbolique de ces trois cadeaux mais c’est uniquement sur l’or et l’encens que nous nous concentrerons. L’or honore la royauté de l’Enfant alors que par l’encens, les mages reconnaissent sa divinité. C’est tout le sens de cette consécration : affirmer la divinité du Christ qui nous a manifesté son Cœur Sacré et reconnaître sa royauté sur la nation. Cela, les catholiques le confessent et le souhaitent mais qu’en est-il de leurs actes extérieurs, peuvent-ils se limiter à la récitation de cette consécration ? Même si cette pratique est fortement conseillée, le père De Dreux nous appelle à plus : à une réforme des mœurs.

Quelle forme extérieure peuvent alors prendre la reconnaissance de la divinité et de la royauté du Christ dans notre quotidien ? Au Roi, il convient de vivre dans la dépendance de son pouvoir et au Dieu, dans l’exercice de sa présence. La royauté du Christ exige une docilité de l’esprit et du jugement, de l’obéissance et de la soumission qui prendront racine dans une profonde humilité. Combien, en effet, se sont égarés à cause de leur indépendance et de leur mépris vis-à-vis de l’Église enseignante ? Enfin, confesser la divinité du Christ, c’est reconnaître Son omniprésence, c’est rechercher Dieu en toute chose. Un véritable catholique vit sous le regard de Dieu en se demandant : « que ferait Jésus à ma place ? » La vie alors devient un prolongement de l’oraison.

Même si une pareille consécration n’est pas à l’agenda en Europe, prions pour que les USA servent d’exemple en la matière. C’est un initiative très réjouissante de laquelle nous pouvons attendre les meilleurs fruits. Car dans un monde où plus rien ne va, ce sont précisément ces actes qui mobiliseront les troupes des bons et fidèles serviteurs de Dieu.

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Nicolas Moulin
Né en 1997, Nicolas Moulin est un jeune valaisan dont le parcours allie ingénierie et spiritualité catholique. Ingénieur aéronautique de formation, il passe son temps dans l'univers binaire des mathématiques pour faire vivre les siens. Entre le Bachelor et le Master, c'est vers le séminaire de la FSSPX que celui-ci se tourne pour former son âme catholique par l'étude et la méditation. Passionné par le Magistère et par une vision chrétienne de la société, il a rejoint l'équipe de Perspective Catholique avec laquelle il espère faire lire l'actualité avec un regard chrétien.

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