Samuel Martin – Boulevard Voltaire (2 février 2026) – Sanija Ameti, ancienne élue suisse du parti écologiste, avait finement tiré des coups de feu sur une reproduction d’une Vierge à l’Enfant. Elle vient d’être condamnée pour « atteinte à la liberté de croyance et des cultes ». Une condamnation tempérée par la légèreté de la peine : amende avec sursis.
Carton plein sur la Vierge et le Christ
Rappel des faits, tels que BV vous les avait révélés en septembre 2024. Sanija Ameti avait publié sur les réseaux sociaux une vidéo où elle tirait sur la reproduction d’une Vierge à l’Enfant, signée Tommaso del Mazza (XIVe siècle). Face au mécontentement suscité, elle expliquait avoir tiré sur ce catalogue sans avoir prêté attention à la peinture elle-même. Ce que démentait largement la vingtaine d’impacts en pleine tête de la Vierge et de l’Enfant. Mieux que Thomas Matthew Crooks, qui toucha Trump à l’oreille, et aussi efficace que Tyler Robinson, qui tua Charlie Kirk.
À aucun moment elle ne s’excusa. Selon le procureur, le seul regret de Sanija Ameti est de s’être rendu compte trop tard qu’elle avait commis une boulette en publiant la vidéo. Sous la pression, elle avait démissionné du parti Vert’libéral de Zurich — conservant son siège au Parlement local. En mars prochain, elle abandonnera la coprésidence d’Operation Libero, mouvement politique progressiste, mais elle continuera de tirer les ficelles au sein du comité directeur national. Un engagement nécessaire, selon elle, «à une époque marquée par les autocrates et les populistes de droite». Contacté par BV, Éric Bertinat, ancien élu UDC et ex-président du conseil municipal de Genève, ne croit pas à sa mort politique : «Il me semble que c’est pour cette figure politique engagée et clivante l’instant d’une pause forcée.»
Elle ne cause pas, elle flingue
Durant le procès, Sanija Ameti a refusé de répondre aux questions de la cour. Loin d’indisposer les magistrats, cette attitude hautaine lui a mérité une grande compréhension. « Nous partons de l’idée que votre but n’était pas de rabaisser le christianisme », a déclaré le juge. Une idée qu’il s’est donc forgée tout seul. Une idée angélique ? Oui, explique Éric Bertinat, « dans un sens bien précis, parce qu’elle adopte une lecture strictement juridique, centrée sur l’absence d’intention explicite de rabaisser le christianisme, et laisse de côté la réalité vécue par les catholiques ». La portée symbolique des tirs n’est pas prise en compte. En ignorant la blessure faite aux catholiques, le juge « donne le sentiment d’une approche déconnectée de l’impact réel de l’acte ».
D’ailleurs, que cherchait exactement Sanija Ameti ? Quel public voulait-elle flatter en tirant sur une Vierge à l’Enfant ? «Il est difficile d’identifier un électorat cohérent que ce geste aurait pu séduire», explique Éric Bertinat à BV. Ni les athées ni les musulmans n’ont pu se sentir concernés par un tel geste. Et d’ajouter : «Reste éventuellement un public très restreint, sensible à une provocation antireligieuse radicale, plus proche d’une posture identitaire ou militante que d’un véritable électorat démocratique.»
La victimisation, cette maladie de gauche
Une fois condamnée, Sanija Ameti a retrouvé la parole, du moins écrite, dans une mise en scène curieuse et relevant du message subliminal ou de la psychiatrie. Sur la Heimplatz, raconte Die Weltwoche, «une chaise vide, une pancarte avec l’inscription «Des saucisses pour la liberté» – et une assiette de saucisses», qu’accompagnait un long discours où elle se pose en victime. La droite populiste en aurait après elle parce que réfugiée, issue d’une famille transbahutée à travers le Kosovo, la Bosnie, le Monténégro… Un itinéraire qui lui aurait valu de nombreuses «humiliations publiques». Faux, puisque, en dehors de qualités personnelles réelles, elle a bâti sa carrière sur ce récit migratoire tour à tour exemplaire et apitoyant.
Filant la métaphore victimaire, elle se dit visée en raison de son sexe et de son identité. Faux, encore : la Vierge et l’Enfant ont été les seuls visés dans cette histoire, ainsi que les chrétiens. Les Jeunes UDC et le président du mouvement politique Mass-Voll avaient porté plainte contre Sanija Ameti. La Justice suisse leur a donné mollement raison. —


