David Clerc – Après l’adoption en France d’une proposition de loi visant à interdire l’utilisation des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, le Conseil fédéral est en train de préparer un rapport sur le sujet. Bien que ce projet puisse nous réjouir, certaines personnes se plaignent déjà car ce plan porte davantage sur la procédure de modération des réseaux sociaux, plutôt que sur son contenu. Nos maîtres-censeurs sont déjà vent debout pour remettre au cœur de l’actualité le combat contre la «désinformation» et les «discours de haine».
L’exemple suisse
Comme dit plus haut, la Suisse n’est pas épargnée par la pression de la censure. En effet, une histoire a beaucoup fait parler il y a quelques mois, lorsqu’un certain Emanuel Brünisholz a déclaré sur Facebook qu’«il n’y a que l’homme et la femme». Après une plainte déposée par des militants LGBT très courageux, ce monsieur a été entendu par la police avant de devoir payer une amende de 500 francs, qu’il refusera naturellement de régler. Il sera alors emprisonné pendant 10 jours à partir du 2 décembre 2026. Il y a quelques jours, l’influenceur suisse Colin Walk nous a révélés, dans une de ses dernières vidéos, avoir été arrêté par la police ce 28 janvier 2026 et avoir passé plus de 4 heures au commissariat pour répondre d’un dossier de 83 pages de plaintes pénales venant de plusieurs associations LGBT et antiracistes. Cet homme s’est fait connaître, depuis maintenant plus d’un an, avec ses vidéos qui traitent de l’actualité et critiquent les dérives wokistes, tout cela sur un ton humoristique. Ces associations justifient leurs nombreuses plaintes sur la base de l’article 261bis du code pénal suisse qui vise à «protéger les personnes contre la discrimination et la haine», concept fourre-tout et très subjectif qui sert seulement à museler toute opposition à la doxa dominante.
Tour d’horizon européen
Le cas dystopique de la Grande-Bretagne est particulièrement inquiétant. Le journal The Times nous révèle que durant l’année 2023, plus de 12’000 personnes ont été arrêtées à travers le pays pour des propos jugés «menaçants» ou «offensants» postés sur les réseaux sociaux. De nombreuses vidéos ont choqué la population, notamment certaines où nous pouvons voir des personnes âgées, arrêtées chez elles par la police après avoir écrit des commentaires sur internet. En août 2025, une autre affaire avait défrayé la chronique au Royaume-Uni lorsqu’un père de famille avait été arrêté par la police pour avoir dit «nous aimons le bacon» lors d’une manifestation contre l’ouverture d’une nouvelle mosquée. Nous avons pourtant connu une police britannique beaucoup plus souple durant les affaires des grooming gangs pakistanais, ou envers les innombrables prédicateurs islamistes déclarant ouvertement, et face caméra, vouloir imposer la charia dans le pays, comme le tristement célèbre Anjem Choudary. L’Allemagne suit la Grande-Bretagne avec environ 3’500 arrestations concernant des commentaires en ligne. À l’inverse, un rapport publié par le Net Freedom Project nous apprend qu’en Russie, seules 882 poursuites pénales ont été enregistrées durant la même année 2023. Les donneurs de leçons démocratiques devraient balayer devant leur porte.
L’Union européenne, armée de son Digital Services Act (DSA), adopté en 2023, applique déjà une régulation très stricte qui risque très certainement d’influencer la Suisse dans le cadre du rapprochement avec l’UE. Plusieurs exemples récents peuvent nous inquiéter face à ce nouveau règlement des services numériques, comme l’amende de 200 millions d’euros appliquée par la Commission européenne au réseau social X, ou encore l’arrestation du dirigeant de Telegram, Pavel Durov. Il avait été interpellé, avant de rentrer en Russie, à l’aéroport du Bourget le 24 août 2024, dans le cadre d’une absence de modération concernant des activités fomentées sur sa plateforme. Ironie de l’Histoire, son compatriote Alexandre Soljenitsyne avait pourtant fait le voyage inverse lorsqu’il avait écrit son célèbre ouvrage L’Archipel du Goulag en février 1974 !


