Les Démocrates américains tombent les masques

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Eric Bertinat – La Convention des Démocrates a nommé Kamala Harris, candidate résiduelle à la présidence. Idéologiquement à gauche, elle est totalement acquise à l’avortement, au féminisme, aux exigences LGBT, à la politique étrangère pro-palestinienne (bien qu’étant restée fort discrète sur ce sujet durant la Convention). Elle soutient évidemment l’OTAN, donc l’ex-président Zelensky. L’ultra-libérale Harris, comme son sinistre vice-président, représentent une société mortifère et sans Dieu que les catholiques ne peuvent que rejetter.

Devant les caméras, les images étaient joyeuses, «à l’américaine» : des milliers de ballons aux couleurs des USA tombent du plafond du United Center de Chicago, Kamala Harris, grand sourire et la démarche dynamique, salue les milliers de sympathisants en liesse, voilà qui a l’apparence d’un triomphe assuré pour l’actuelle vice-présidente de Joe Biden.
La Convention terminée, que reste-t-il de ce grand round hollywoodien ? Les images, évidemment. Et ? Pas grand-chose d’autres en ont convenu la plupart des commentateurs européens, déçus par le vide politique des discours. Ce qui aurait pu leur donner du temps pour regarder dans l’aire d’accueil du United Center, sur West Madison Street, par exemple.
Ils y auraient vu des manifestants déguisés en pilules abortives et un curieux engin gonflable de 6 mètres de haut représentant un dispositif intra-utérin (un stérilet géant) présent tout au long de la semaine de la Convention. L’un des principaux lobbies de la planification familiale aux États-Unis, l’association pro-avortement Planned Parenthood, subventionnée par le gouvernement, offre ni plus ni moins des avortements médicamenteux et des vasectomies gratuits aux membres et sympathisants démocrates (les opérations ont été possibles à bord d’une camionnette mobile).
Toutes ces «attractions» ne contredisent évidemment pas le programme du Parti démocrate fort de 45 millions d’adhérents. Sa plateforme ne cache rien de son soutien aux «droits reproductifs» et autres droits LGBT. «Nous continuerons à soutenir l’accès à l’avortement médicamenteux approuvé par la Food and Drug Administration, à nommer des dirigeants à la FDA qui respectent la science et à nommer des juges qui défendent les libertés fondamentales». Sur les questions LGBT, les Démocrates promettent l’adoption de la «loi sur l’égalité» qui pourrait conduire à l’inclusion obligatoire d’hommes transgenres dans les équipes sportives féminines, ainsi qu’obliger les entrepreneurs et les entreprises à violer leur foi et leur compréhension du genre et de la sexualité pour se conformer aux exigences des milieux LGBT.
Ce programme, intrinsèquement révolutionnaire dans les tendances, dans les idées et dans les faits, a décidé Robert Francis Kennedy junior, fils Bobby Kennedy, mort assassiné le 6 juin 1968 à Los Angeles, a quitter ce parti que toute sa famille a soutenu depuis le grand père, Joseph Patrick Kennedy. Il a appelé ses supporters à voter pour Donald Trump, l’adversaire républicain de Kamala Harris dans la course à la Maison-Blanche.

Révolution inévitable ?
L’élection présidentielle du 5 novembre sera d’une grande importance pour la société américaine et malheureusement aussi pour la Suisse qui se révèle être toujours plus soumise aux USA (milieux bancaires, armée et OTAN, UE, neutralité, etc.). Pourtant, le cheminement actuel des Américains pris dans un processus révolutionnaire peut être vaincu, comme nous l’explique Plinio Corrêa de Oliveira (1). Après l’avoir entamé ce peuple peut s’il le veut l’interrompre ou aller jusqu’au bout. «En effet, le libre arbitre de l’homme, avec la puissance de la grâce, peut vaincre n’importe quelle crise comme il peut arrêter et vaincre le Révolution elle-même». Depuis le XIVe siècle, l’Occident chrétien est traversée par la Révolution qui ne cesse d’évoluer et de s’imposer dans toutes les sphères dirigeantes. Évoquant le communisme, Léon XIII le définissait ainsi : «Une peste mortelle qui s’attaque à la moelle de la société humaine et qui l’anéantirait». L’on peut parfaitement transposer cette citation au libéralisme actuelle et plus encore au wokisme. Celles et ceux qui suivront ces mouvements à la mode suivront le Serpent dont, rappelons-le, la tête fut écrasée par la Vierge Immaculée. Les chrétiens ne peuvent pas ignorer ou négliger ces soi-disant idéologies. Nous voilà dans un camp, adversaire irréductible de l’autre. Attention, «Pierre dort, mais Judas est éveillé» prévenait saint Pierre Canisius : nous pouvons parfaitement appliqué cette évocation à notre époque !

(1) Révolution et contre-révolution (TFP)

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Newsletter N° 234 – 30 août 2024 | Source : Perspective catholique

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Eric Bertinat
À la suite de la décision de Mgr Lefebvre de consacrer quatre évêques, Éric Bertinat cofonde, avec ses amis les abbés La Praz et Koller, la revue Controverses (1988-1995). En 2010, il fonde l’association Perspective catholique, engagée sur des questions sociétales en lien avec la doctrine chrétienne. Journaliste et collaborateur régulier de plusieurs publications (Le Vigilant, Présent, Una Voce Helvetica, etc.), il entame également une carrière politique dès 1984. Élu député au Grand Conseil de Genève en 1985 sous la bannière de Vigilance, il y revient en 2005 avec l’UDC et occupe plusieurs postes clés jusqu’en 2013. Il est aussi membre du Conseil municipal de Genève à partir de 2011, où il exerce diverses présidences de commissions jusqu’en 2021. Le 5 juin 2018, il est élu président de ce Conseil pour la période 2018-2019.

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