La pratique chrétienne relève aussi du politique

0
240

Eric Bertinat

« L’Histoire manifeste l’impossibilité pratique de séparer le politique et le religieux. (…) La vie chrétienne est politique. Une vie chrétienne implique une pratique chrétienne. L’homme étant naturellement politique, cette pratique chrétienne est politique. (1) » Si cela paraît évident à quelques catholiques maîtrisant encore la doctrine de leur Eglise, cela paraît parfaitement désuet pour la plupart de nos contemporains. Le récent débat sur le laïcisme, initié par le Conseiller d’Etat radical Pierre Maudet, nous l’a prouvé : ces explications théologiques sont bien difficiles à tenir et bien plus difficiles encore à être comprises par la population qui a mis entre parenthèses les valeurs de la Chrétienté. 

En Italie, Matteo Salvini, catholique affirmé et n’hésitant pas lors de ses meetings à prendre la parole  avec un chapelet en main, soutient en ce début d’avril l’ouverture des églises pour célébrer Pâques. Pour vaincre ce monstre, la science seule ne suffit pas : le bon Dieu est également nécessaire, a-t-il argumenté, soulignant l’importance de cette grande fête pour des millions d’Italiens. Et de soutenir les demandes de ceux qui souhaitent, de manière ordonnée, composée et hygiénique, laisser accessibles les églises, pour que la messe de Pâques aie lieu. Matteo Salvini en appelle aux évêques pour permettre aux croyants « d’entrer dans les églises comme on entre en petit nombre dans les supermarchés (…) en respectant les distances, avec des masques et des gants et en nombre limité.

Cet appel manifeste un soucis qu’il convient de saluer, quelque soit l’étiquette politique. Un souci que la plupart de nos gouvernants vertueux et laïcistes n’ont évidemment même pas à l’esprit en cette semaine sainte.

« Salut ô Croix, notre unique espérance ! En ces temps de la Passion, accordez aux justes un accroissement de grâce, et aux coupables le pardon (vendredi saint, messe des présanctifiés).

(1)   De Regio, traduction, notes et annexes par le R.P. Bernard Rulleau (édition CIVITAS)


Lettre d’information N° 10 – 7 avril 2020  ¦  Source : Perspective catholique


Article précédentBonheur d’être catholique (4)
Article suivantDr Xavier Dor, R.I.P. Un hommage…
Eric Bertinat
Éric Bertinat, né à Genève en 1956, est horloger diplômé et technicien en microtechnique. Il s’engage en politique dès les années 1980 et est élu au Grand Conseil genevois en 1985. Après une interruption, il retrouve le législatif genevois en 2005, jusqu’en 2013, sous les couleurs de l’UDC, dont il sera notamment secrétaire général à Genève. Élu au Conseil municipal de la Ville de Genève en 2011, il en devient président pour la période 2018-2019. Il quitte le Conseil municipal en 2023 après douze années de mandat. Engagé depuis longtemps dans la défense de la souveraineté et de la neutralité suisses, il a également milité au sein de l’ASIN. En 2010, il fonde Perspective catholique, association consacrée à l’analyse de l’actualité politique et sociale à la lumière de la doctrine sociale de l’Église. Il a également animé la revue Controverses et collabore à diverses publications.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici