«Les 10 lois de Bill Gates» ou le masque démasqué

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Alexandra Schaller – A l’école, ma fille vient de recevoir une punition pour «conduite inadaptée», elle a 13 ans et d’habitude c’est une bonne petite. Or là, si elle a suscité le courroux, c’est parce qu’elle «ne porte pas le masque correctement. Doit être rappelé à l’ordre sans cesse pour que le masque soit mis sur le nez et ça recommence!». 
J’avoue y être pour quelque chose, je lui ai dit qu’elle devait respirer de l’air frais pour bien oxygéner son cerveau et non pas, toute la journée, recycler son CO2… mais visiblement mon approche empirique de la santé est has been, et mon conseil, pourtant prodigué avec sollicitude, a valu un recadrage à ma fille, le premier de toute sa scolarité… 

A ce stade, on pourrait et on devrait polémiquer sur la pertinence du port du masque par les enfants. Sachant qu’ils ne tombent pas malades du Covid, pourquoi leur imposer ce masquage ? Pour ne pas qu’ils contaminent les adultes ? Je rappelle, à toutes fins utiles, qu’il n’y a pas si longtemps on prenait pour acquis que c’est aux adultes de prendre soin des enfants, et même de se sacrifier pour eux, maintenant, on trouve normal de sacrifier l’enfance… 

Mais revenons à la bien nommée «punition pédagogique»; eh bien, ma fille doit passer une heure à disséquer «les 10 lois de Bill Gates».

Oui j’avoue, moi aussi j’ai été surprise, mais finalement, on n’en est pas à une usurpation et inversion près. Ma fille connaît le Décalogue, ces commandements qui affirment comme essentiel l’amour de Dieu et du prochain, mais Bill Gates, elle ne le connaissait pas et surtout, elle me demandait ce qu’il avait à avoir avec le masque… Vaste question… Alors je suis allée regarder ces fameuses «lois», l’ensemble est décliné dans un langage décontracté, il y est question de compétition, argent, travail et conditions difficiles : la vie est injuste et il faut s’y habituer, l’amour-propre ne sert à rien, un patron est plus dur que l’école, etc. 

Ma fille a un esprit logique et il faut rester concret. Je lui ai donc dit que ce que son professeur voulait lui communiquer c’était certainement que le masque n’est pas lié à la santé mais à la soumission et qu’il faut apprendre à obéir sans questionner pour fonctionner dans le monde qui est commandé par Bill Gates. Là, elle m’a demandé si Bill Gates était gentil… Finalement, j’ai été contente de l’opportunité qui m’était faite et j’ai pu dire avec plaisir que l’on se fichait de savoir si Bill Gates était gentil ou pas et que le professeur se trompait en pensant que ses discours avaient force de lois. 

Et on a pu parler des dix commandements et j’ai rappelé ses Paroles à mon enfant : «Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude».

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Newsletter N° 64 – 6 décembre 2021 | Source : Perspective catholique

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Eric Bertinat
Éric Bertinat, né à Genève en 1956, est horloger diplômé et technicien en microtechnique. Il s’engage en politique dès les années 1980 et est élu au Grand Conseil genevois en 1985. Après une interruption, il retrouve le législatif genevois en 2005, jusqu’en 2013, sous les couleurs de l’UDC, dont il sera notamment secrétaire général à Genève. Élu au Conseil municipal de la Ville de Genève en 2011, il en devient président pour la période 2018-2019. Il quitte le Conseil municipal en 2023 après douze années de mandat. Engagé depuis longtemps dans la défense de la souveraineté et de la neutralité suisses, il a également milité au sein de l’ASIN. En 2010, il fonde Perspective catholique, association consacrée à l’analyse de l’actualité politique et sociale à la lumière de la doctrine sociale de l’Église. Il a également animé la revue Controverses et collabore à diverses publications.

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