«Tout ce qui vous est possible, osez-le !» – Entretien avec Stanislas Berton

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Alexandra Klucznik-Schaller – «Quantum potes tantum aude», la phrase du Lauda Sion de de Saint Thomas d’Aquin figure à l’accueil du site internet de Stanislas Berton1 et préfigure de la suite. Livres, conférences, et présence quotidienne sur les réseaux sociaux, Stanislas Berton fait partie de ces rares laïcs qui ont pris leur bâton de pèlerin et fait de la rencontre avec leur prochain, l’objectif premier de leur labeur. Dans son travail, Stanislas Berton s’appuie sur les disciplines classiques : politique, économie, psychologie, et s’aventure sur des chemins nouveaux : anthropologie culturelle, guerre invisible, neutralisation de la normalité ; autant de concepts qu’il interroge ou enlumine, c’est selon.
Si Stanislas Berton inscrit ses racines dans la tradition catholique française, essayer de résumer sa pensée est périlleux tant il est inattendu de par les méthodes d’analyse qu’il emploie, et subjectif dans les sujets d’étude qu’il sélectionne. Il en résulte une pensée originale et nous remercions l’auteur de nous avoir permis de l’interroger. Le présent entretien a été mené en marge de la conférence « Q une guerre de l’ombre contre le mondialisme », co-organisée par la Fondation Themisia Gioia2 et Planet Positive3 à Aubonne, le 13 janvier dernier.

Alexandra Klucznik-Schaller : Beaucoup de personnes suivent vos analyses sur les réseaux sociaux. Dans votre quête de la connaissance, vous critiquez « les dangers du cloisonnement des savoirs et la fécondité d’une approche transversale dans la compréhension des systèmes complexes » 4. Avant d’être conférencier et auteur de livres, vous avez créé et dirigé des entreprises actives dans le numérique et vous n’hésitez pas à recourir aux outils OSINT. Quel est votre méthodologie de travail et comment faites-vous pour sélectionner, valider ou invalider, vos hypothèses de travail ?

Stanislas Berton : Je crois à l’importance d’une approche transversale et cela vient peut-être mon côté chef d’entreprise ; c’est l’idée d’avoir la vision d’ensemble et de voir comment les différentes branches et les différents secteurs interagissent entre eux. Un des problèmes d’aujourd’hui est l’on est un peu dans le système des experts : les gens sont très spécialisés avec une logique en silos. Je crois beaucoup, au contraire, à la fécondité d’une approche où l’on va être capable d’aller puiser dans différents domaines ; et même utiliser les méthodes ou les concepts d’une discipline pour les appliquer ailleurs.

L’OSINT (Open Source Intelligence) ce sont des renseignements en source ouverte, et je m’appuie sur tout ce qui est disponible en open source : articles, réseaux sociaux, forums… Mais ce qui m’intéresse, c’est de trouver le levier critique ; quelque chose qui va vraiment faire la différence, qui va vraiment jeter une nouvelle perspective sur les sujets ou phénomènes.

Je vais prendre l’exemple de l’opération Q. En effet, j’ai traduit le livre de Paul Furber5 à ce sujet. Dans l’opération Q, j’ai vu quelque chose qui émane vraisemblablement du renseignement américain et qui utilise la même idée de court-circuiter les circuits traditionnels d’information pour toucher directement le citoyen que ce que j’avais analysé dans le monde de l’informatique en tant que chef d’entreprise. L’opération Q s’est déroulé sur un forum internet destiné aux geeks qui s’appelle 4Chan. Et où, dès 2017, une source anonyme prétendant être proche de Donald Trump, poste des informations assez incroyables et très intéressantes sur les dessous de la vie politique américaine.

J’ai découvert l’opération en 2020-2021, mais très vite j’ai vu un lien entre la manière de procéder de Q et l’entreprise Steam dans le secteur du jeu vidéo : les intermédiaires ont été court-circuités. Donc en supprimant les intermédiaires, Q a court-circuité les médias, les réseaux sociaux, les influenceurs, les intellectuels, les partis politiques, et l’information brute a été livrée au grand public. Un peu comme Steam qui avait coupé la partie éditeur-distributeur pour permettre aux développeurs de jeux vidéo de vendre directement leur jeu aux joueurs. Cette manière de faire de la réinformation n’est possible qu’à l’âge du numérique. En raisonnant hors cadre, on peut admettre des parallèles entre le cadre conceptuel observé dans le monde du business et la manière de Q de fournir des informations. Et au vu des informations fournies, Q émane vraisemblablement du renseignement américain ou des forces armées américaines, avec en toile de fond un conflit entre services de renseignement mondialistes (la CIA) et services patriotes (la NSA).

AKS : Dans une de vos interventions sur TV Libertés6, vous formulez une forte critique à l’égard du mondialisme. Selon vous, les adeptes du mondialisme poussent à la transgression et vouent un culte à la mort. Pourquoi formuler une telle critique ?

Stanislas Berton : Le mondialisme est l’idéologie dominante à l’heure actuelle, c’est l’idéologie de nos classes dirigeantes en Europe et aux Etats-Unis, même si Trump est en train de changer la donne. L’idéologie politico-religieuse mondialiste a trois aspects : politique, philosophique ou métapolitique, et spirituel.

L’aspect politique, postule l’obsolescence des nations, des États nations, et promeut une gouvernance mondiale, le projet se mettant notamment en place au travers d’institutions supranationales comme l’UE, OMS, etc. Il faut donc faire disparaître les frontières et l’autonomie du politique local.

L’autre aspect, l’aspect philosophique est, je dirais, héritier de la philosophie des Lumières : il faut faire table rase du passé et créer une société nouvelle. Cette société nouvelle ne peut naître que si on détruit l’ancienne société, considérée comme archaïque, et qui nous empêcherait de progresser. En fait cela implique que l’enracinement, la religion, la culture, les identités locales, régionales, le terroir, les coutumes traditionnelles, tout ça doit être détruit. D’ailleurs Emmanuel Macron a dit qu’il est difficile de tout reconstruire si tout n’a pas été détruit ; c’est ça le projet mondialiste. Et là où c’est intéressant, c’est que, les sociétés traditionnelles s’appuient sur des choses qui nous dépassent ; sur la religion, notamment le Christianisme, mais plus généralement tout ce qui nous a été légué par nos ancêtres. Par contre le mondialisme, en tant qu’idéologie philosophique, prétend que l’homme peut créer le monde avec sa seule raison. On n’aurait plus besoin de l’enseignement de nos ancêtres, de la révélation d’un Dieu, d’une transcendance. En fait, l’homme avec sa seule raison et, avec l’aide de la science, serait capable de tout comprendre et de tout faire tout seul.

Et le troisième aspect du mondialisme est lié à la spiritualité. Les mondialistes sont dans une révolte contre l’ordre naturel, et notamment une révolte contre la création de Dieu et plus particulièrement contre le Christianisme. Prenons l’exemple du transhumanisme : l’homme ne serait pas parfait et il n’aurait pas été créé parfait comme créature par Dieu. Et qui par son intelligence, il pourrait améliorer la création de Dieu ? On retombe tout de suite sur la Genèse. Vous savez ce que dit le serpent à Adam et Ève ? Goûtez le fruit de l’arbre et vous deviendrez pareils et semblables à des Dieux ! Et le transhumanisme, c’est ça : vous allez devenir comme des Dieux si vous augmentez les capacités de l’homme. En fait, c’est le plan de Lucifer, c’est la révolte de l’homme contre Dieu. L’homme qui veut devenir lui-même Dieu et va même essayer de devenir Dieu à la place de Dieu. Donc en fait, si je résume ce que je viens de vous dire ; le projet mondialiste c’est un projet qui est anti-national, anti-traditionnel et anti-Chrétien ; et même anti toute forme de transcendance.

AKS : Vous affirmez que le Catholicisme est l’antidote au mondialisme. Pourquoi cette affirmation et pourquoi maintenant ; pourquoi le mondialisme aurait dévoilé ses cartes justement à notre époque ?

Stanislas Berton : Le Catholicisme, c’est l’antidote exact au mondialisme. Pourquoi ? Revenons sur les trois critères que j’ai donnés : politique, métapolitique et spirituel. Le catholicisme est un universalisme mais pas un cosmopolitisme. L’universalisme propose d’avoir des valeurs communes dans le respect des différences de chacun, alors que le cosmopolitisme abolit les différences. Le cosmopolitisme dans la Bible, c’est la tour de Babel que Dieu finit par détruire. C’est dans l’Ancien Testament. Dans le Nouveau Testament, le Christ dit, quand il donne l’Esprit Saint à la Pentecôte, allez et baptisez les Nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Il ne dit pas : allez et faites un nouvel ordre mondial. Il dit allez baptiser les Nations. Et les Apôtres parlent à chacun dans sa langue. Ils sont partis parler aux Juifs, aux Grecs, aux Romains, et L’Église catholique a respecté les différents rites, notamment les rites orientaux et il y a eu une adaptation au contexte local, que ça soit en Afrique ou en Asie.

Par ailleurs, la philosophie chrétienne et catholique en particulier, avec notamment la scolastique, a allié la foi et la raison. Saint Thomas d’Aquin, le grand docteur de l’Eglise, a montré qu’on pouvait avoir cette intelligence de Dieu par la raison. Mais que cette intelligence seule ne se suffisait pas puisqu’on avait besoin de la révélation. Et on a reconnu que l’homme ne peut pas égaler Dieu parce que l’on est une créature qui est marquée par le péché originel.

Et surtout, le plus important, c’est que le Chrétien sait qu’il y a un combat entre la Cité du Bien et la Cité du Mal, et que Satan est l’adversaire de l’homme, qu’il essaye de damner les hommes, de détruire l’Église et qu’il est toujours en conflit avec Dieu. Donc voilà, c’est pour cela que le Catholicisme est l’antidote au mondialisme.

Pourquoi le mondialisme abat ses cartes maintenant ? En fait le mondialisme mène depuis des siècles une guerre contre l’Église et une guerre contre le Christianisme. Cette guerre a pris différentes formes : la Révolution française a massacré les prêtres en France ; en Russie le bolchevisme s’est attaqué au clergé orthodoxe. Il y a un combat contre le Christianisme en général. Et là, le mondialisme est arrivé au bout et croit qu’il a gagné, c’est pour cela qu’il est si confiant. Vous voyez, on est aujourd’hui dans un Occident déchristianisé, je crois qu’en France, les Catholiques pratiquants représentent entre 5 et 10 % de la population. Donc on est revenu à une société païenne, et c’est pour cela que le diable y jubile ; il considère qu’il a gagné la partie et qu’il peut donner la dernière impulsion pour vraiment vaincre. Mais en fait, ce qui se passe, c’est qu’il va perdre. C’est la logique de la Croix. C’est toujours au moment où le diable croit qu’il a gagné, qu’en fait le Christ triomphe sur la Croix. Il est convaincu que ça y est, il a tué Dieu incarné et il y a la Résurrection.

Je suis sûr que c’est ce qui va se passer avec l’Europe. Je pense qu’on est à l’aube d’un retour du Christianisme en Occident, et je pense que le diable ne l’a pas vu venir.

AKS : Vous suivez l’actualité des Etats-Unis de près, Comment jauger de l’action de Trump ? Dans ce pays, tout comme en Suisse, il y a beaucoup de Protestants. Pensez-vous que le Protestantisme, tout comme le Catholicisme, puisse être un rempart contre le mondialisme ?

Trump a toujours été clair sur ce sujet. Dès son premier mandat, il dit à l’ONU «l’avenir n’appartient pas aux mondialistes, il appartient aux patriotes.» Dès son premier mandat, il a dit que l’avenir n’appartenait pas aux mondialistes et il continue à défendre l’intérêt des États-Unis. Ce qui se passe par exemple au Venezuela ou au Groenland, correspond à leur nouvelle doctrine ; les États-Unis considèrent désormais l’hémisphère américain comme leur zone d’influence et y interviendront si nécessaire. Autrefois, les États-Unis considéraient que leur zone d’influence était le monde entier, là, maintenant, je pense qu’ils se rétractent sur ce qui est essentiel pour eux. Trump a fait kidnapper Maduro, mais travaille avec la vice-présidente qui est une héritière de Chavez. Les règles internationales ont toujours été bafouées, Donald Trump a simplement arrêté de mentir ; il n’y a pas de règles et désormais tout le monde le voit.

Le Protestantisme est très important aux Etats-Unis et certes Trump, était bien Protestant – Méthodiste ou Presbytérien – mais aujourd’hui Trump se présente comme Chrétien et sa femme Mélanie est Catholique. Pourquoi ce distinguo ? Parce qu’en fait, le Protestantisme au niveau philosophique a un lien avec le mondialisme et est une des causes de la situation dans laquelle se trouve l’Occident aujourd’hui.

Le Protestantisme a fait éclater la Chrétienté et a rompu avec l’Église, avec le Corps mystique du Christ. Il est important de comprendre que nous Chrétiens, nous sommes tous membres du Corps mystique du Christ et que le Corps mystique du Christ est l’Église. Les Protestants en sont sortis, ils n’ont plus voulu s’appuyer sur le Magistère et la Tradition de l’Église. Interpréter et comprendre la Bible sans le Magistère de l’Église, c’est être déjà dans l’idée que l’homme par lui-même n’a pas besoin d’une autorité et d’une tradition. Joseph Bottum, un penseur américain protestant, a dit l’évolution d’une telle pensée donne le wokisme. Parce que, si je pars de l’idée que je peux moi-même interpréter la Bible, la logique poussée au bout, me permet de me dire homme ou femme ; c’est moi qui décide. En fait le wokisme, c’est un protestantisme sans le Christ, mais comme il n’y a pas le Christ, il n’y a plus de pardon possible. Et on est prisonnier. Et je terminerai par une critique de fond du protestantisme ; le protestantisme a donné le pouvoir à l’État. Et l’État aujourd’hui, notamment en Europe, est de plus en plus totalitaire. Ça, c’est la conséquence du protestantisme, parce que ce qui faisait le contrepoids à l’Église, c’était l’opposition entre le Roi et le Pape, ou les Empereurs et le Pape. Toute l’histoire de l’Europe, c’est ça ; il y a cette espèce de tension permanente. En supprimant l’Église, et notamment à partir de 1870, en chassant le Pape, il n’y a plus d’États pontificaux ; un contre-pouvoir tombe. De plus, que ce soit pendant la Révolution française, pendant la Réforme allemande ou pendant la Réforme l’anglicane, on a vu que les biens de l’Église ont été pris par des bourgeois en France, des princes en Allemagne, des familles nobles en Angleterre et ça, la finance, c’est la base du pouvoir mondialiste. Une des bases financières du pouvoir mondialiste, vient de la saisie des biens du clergé.

AKS : Si on vous suit bien, nous avons potentiellement un problème qu’il va falloir résoudre parce que nous aurions une tension entre le Protestantisme qui tend vers le mondialisme et le Catholicisme qui tend vers les nations ?

Stanislas Berton : Je pense que la tension va se résoudre très simplement parce que je pense que le Protestantisme va disparaître. Et c’est déjà le cas aux États-Unis ; j’ai analysé ce phénomène dans plusieurs publications et même dans une interview que j’ai donnée début 2025. Et en fait, il y a une baisse du Protestantisme aux Etats-Unis, notamment chez les jeunes et à l’inverse, une montée du Catholicisme. En Angleterre, il y a le même phénomène : de plus en plus d’Anglicans se convertissent au Catholicisme. Pourquoi ? Parce que le Protestantisme ou même l’Anglicanisme ont vraiment trop fricoté avec le wokisme ; droits LGBT, femmes prêtres, etc. Et les jeunes rejettent ça. Dans le cas des États-Unis, une compromission du Protestantisme avec le Sionisme et donc la défense d’Israël, devient de plus en plus insoutenable avec ce qui se passe à Gaza. Donc tout ça a pour conséquence de chasser de plus en plus de jeunes, notamment du Protestantisme ou de l’Anglicanisme, et de les ramener vers le Catholicisme et surtout vers les formes traditionnelles du Catholicisme, c’est à dire la messe en latin. Et en parallèle, et c’est intéressant, on voit que la messe en latin est attaquée et que le Catholicisme traditionnel est attaqué au sein même de l’Église. Donc on voit cette tension à l’œuvre. Je pense que le Protestantisme va disparaître parce qu’il est trop lié aux excès de la modernité. Et puis surtout que c’est une hérésie et qui ne tient pas la route sur le plan théologique.

AKS : La Bible nous dit qu’« il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu ». Votre conférence est titrée : « Q une guerre de l’ombre contre le mondialisme », pouvez-vous nous parler du phénomène Q et nous expliquer pourquoi des gens apparemment bons utiliseraient des méthodes tordues pour gagner ?

Stanislas Berton : Il faut quand même avoir en tête que l’on est face à une armée énorme du mondialisme qui contrôle les médias, qui contrôlait jusqu’à récemment les réseaux sociaux, qui contrôle le champ culturel. Il ne faut pas oublier que nous sommes en guerre. Il y a une guerre entre le mondialisme qui est extrêmement puissant et cette guerre est dirigée contre les patriotes qui essayent de défendre des valeurs traditionnelles comme la liberté des peuples et la souveraineté. C’est un combat de David contre Goliath, et donc, il faut utiliser ce qu’on appelle dans le jargon militaire, la guerre asymétrique. Il faut utiliser des moyens différents. On ne peut pas attaquer de front l’adversaire.

Dans le combat, David, n’arrive pas avec une épée et un bouclier ; il utilise sa fronde, vise directement Goliath dans la tête, et il le tue d’un coup parce qu’il ne peut pas affronter Goliath à la loyale parce que Goliath est un géant. Ce ne sont pas des adversaires de même taille et donc il faut utiliser d’autres méthodes. Ce que fait Q, c’est que Q dit la vérité, et cette vérité n’est pas une méthode tordue, tout est public, Q parle sur un forum public. Et de par les informations émises, nous savons que Q vient du premier cercle de Trump et qu’il essaye de mettre des bâtons dans les roues des mondialistes et ce alors que tout est fait pour que le grand public n’entende jamais parler de Q et surtout du contenu de ce que Q a dit…

AKS : J’aimerais revenir sur votre raisonnement à propos du Protestantisme qui disparaîtrait parce qu’il n’aurait pas rempli son rôle. Le Catholicisme qui est mené par des Papes qui intègrent, par exemple, le culte de la Pachamama ne risque-t-il pas d’éloigner les fidèles ? Est-ce qu’il n’y a pas le risque que ces fidèles se retrouvent, dans une Église sans centralité ? Une Église de type orthodoxe au sens où chacun y aurait sa petite chapelle ?

Stanislas Berton : Je suis un Catholique au sens traditionnel, je suis très attaché à la messe en latin et donc je suis très attentif à ce qui va se passer par rapport à la liturgie traditionnelle. Léon XIV devait en parler au dernier Consistoire, on verra. Mais vous avez raison, le synode inquiète. Les évêques allemands disent des choses hérétiques, par exemple sur l’homosexualité ou l’ordination des femmes, et ils ne sont pas sanctionnés alors que la logique voudrait qu’ils soient excommuniés. Donc il y a un risque, mais je suis quand même confiant parce que l’on a une certitude : le Christ a dit que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Église. Donc l’Église ne sera pas détruite car elle est fondée sur cette promesse du Christ.

Mais l’Église, c’est l’assemblée des fidèles et donc c’est aussi la question de savoir ce que les fidèles vont faire de l’Église. Les fidèles doivent s’intéresser à ce qui se passe dans le monde. A l’heure actuelle, il n’y a que 5% de pratiquants en France.

Qu’est-ce qu’on va faire de l’Église ? Vous voyez, c’est aussi notre responsabilité, de dire, par exemple, que l’on veut une messe traditionnelle, d’interroger un prêtre qui a dit telle ou telle chose bizarre.

Le mondialisme essaye de nous infantiliser, il veut décider à votre place, il y a une élite qui prétend savoir ce qui est mieux pour nous politiquement, culturellement, spirituellement. Si nous voulons résister à cela, et bien il nous faut assumer notre liberté. Et pour ça il faut aimer la liberté. Or la liberté vient avec des responsabilités. Il faut être investi dans la vie de nos paroisses ; il faut s’intéresser à la vie de l’Église. Il faut se former philosophiquement, spirituellement, politiquement, pour pouvoir tous les jours défendre nos droits, nos convictions et nos libertés concrètes. Il faut s’éduquer, s’interroger, avoir une vie spirituelle ; il faut comprendre que la vie ne se limite pas à la matière, aux vacances ou à Netflix…

Entretien réalisé le 15 janvier 2026

Biographie :

La vie de Stanislas Berton devient une destinée publique lorsqu’il écrit Etre Français : lettre à ma sœur7. Il a alors 34 ans « Comment t’en vouloir au fond ? Tu appartiens à une génération à laquelle personne n’a appris à être Français » ; à une citoyenne du monde, il répond par « être Français »…
Ce souci de l’enracinement guidera ses prochains ouvrages : La France Retrouvée (2021), L’Homme et la Cité vol. I (2020), L’Homme et la Cité vol. II (2021), L’Homme et la Cité vol. III (2022), L’Homme et la Cité vol. IV (2024).8
Né en Lorraine en 1984, diplômé de l’ESC de Reims avec une spécialisation en entrepreneuriat et intelligence économique, Stanislas Breton a initialement travaillé dans le secteur du jeu vidéo et crée AGŌ Games, studio de développement avec lequel il commercialisera le jeu vidéo : The Asskickers.
Tous les travaux et les livres de Stanislas Berton peuvent être retrouvés sur son site internet : www.stanislasberton.com.
Il est également présent sur Twitter (X) et Telegram.

Notes :

1 https://stanislasberton.com/index.php/a-propos/
2 https://www.themisia-gioia.org/
3 https://planetpositive.org/
4 « Essais, l’Homme et la Cité », Le Temps Retrouvé, vol I (2020)
5 « Q, la plus grande opération de réinformation de l’histoire », Paul Furber, Le Temps Retrouvé, 2025
6 https://www.youtube.com/watch?v=869dSajd028
7 https://www.amazon.fr/Etre-fran%C3%A7ais-Lettre-%C3%A0-soeur/dp/1980888574
8 Livres disponibles sur amazon ou sur direct-livres : https://direct-livres.fr/boutique/autres-themes/sciences-humaines/essais-lhomme-et-la-cite-volume-iv/

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Eric Bertinat
À la suite de la décision de Mgr Lefebvre de consacrer quatre évêques, Éric Bertinat cofonde, avec ses amis les abbés La Praz et Koller, la revue Controverses (1988-1995). En 2010, il fonde l’association Perspective catholique, engagée sur des questions sociétales en lien avec la doctrine chrétienne. Journaliste et collaborateur régulier de plusieurs publications (Le Vigilant, Présent, Una Voce Helvetica, etc.), il entame également une carrière politique dès 1984. Élu député au Grand Conseil de Genève en 1985 sous la bannière de Vigilance, il y revient en 2005 avec l’UDC et occupe plusieurs postes clés jusqu’en 2013. Il est aussi membre du Conseil municipal de Genève à partir de 2011, où il exerce diverses présidences de commissions jusqu’en 2021. Le 5 juin 2018, il est élu président de ce Conseil pour la période 2018-2019.

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