David Clerc – Dans un communiqué du 22 avril 2026, le Conseil fédéral a accepté une proposition de la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États, qui vise à permettre aux cantons d’augmenter la limite d’ouverture dominicale des commerces de détail le dimanche, ce qui ferait passer la limite actuelle de quatre à douze dimanches par année.
Réactions diverses
La Conférence des évêques suisses s’est exprimée, par l’intermédiaire de la Commission Vox Ethica, en mettant en avant la doctrine sociale de l’Église. Elle indique que cette initiative aggraverait les conditions de vie des personnes concernées et précise qu’il faut du temps pour des activités autres que le travail rémunéré. L’association Alliance pour le dimanche s’est également offusquée de cette décision. En août 2025, elle avait déjà souligné, dans un communiqué, le caractère primordial de bénéficier d’une journée de repos pour profiter de sa famille et assister à la messe bien évidemment.
Le Parti socialiste s’est lui aussi exprimé défavorablement à l’égard de ce projet. Ce n’est pas par attachement au dogme catholique que ce parti se positionne de la sorte, mais pour une fois que le PS avance quelque chose de sensé, il est juste de le relever par honnêteté intellectuelle. En effet, Cédric Wermuth, co-président du parti, pointe du doigt une initiative qui fragiliserait les petites entreprises et qui perturberait l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Prise de position paradoxale de l’UDC
La réaction de l’UDC a de quoi décevoir de nombreuses personnes. En effet, le PLR, le PVL et même l’UDC ont exprimé leur soutien à cette initiative. Celle-ci a cependant été rejetée par l’UDF ainsi que par le Parti socialiste. Le parti agrarien national avait déjà prôné cette modification de la loi sur le travail en 2023. Le parti se justifie en mettant en avant la nécessité de renforcer la compétitivité du commerce de détail face à la concurrence du commerce en ligne et à l’évolution des habitudes de consommation. C’est une réaction très décevante venant d’un parti qui se targue de défendre sans cesse les valeurs chrétiennes qui ont fait la Suisse. On pourrait croire que les intérêts économiques passent avant le respect d’un précepte catholique d’une importance non négligeable.
De l’importance de sanctifier son dimanche
Pour nous rappeler la nécessité du respect du repos dominical, Monseigneur Jean-Joseph Gaume, prêtre et théologien français, nous offre, dans son ouvrage La Profanation du dimanche, un beau manifeste de méditation doctrinale et sociale sur la valeur que chaque catholique doit accorder à la sanctification du dimanche. Il dénonçait déjà dans les années 1850, je cite : «Les influences modernistes, rationalistes et industrielles qui ont progressivement vidé le dimanche de sa signification spirituelle pour en faire un jour de divertissement, de travail ou de consommation». Il désigne également le travail du dimanche comme étant un puissant facteur de destruction du noyau familial. Le saint Curé d’Ars ajoutait aussi : «Je connais un bon moyen de se ruiner, c’est de prendre le bien d’autrui et de travailler le dimanche». —


