En état de résistance

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Eric BertinatPerspective catholique continue son bonhomme de chemin. C’est l’actualité politique suisse, observée sous l’angle catholique, qui nous intéresse. Nous observons la déconstruction de notre société autrefois chrétienne. Elle semble se dérouler selon un plan soigneusement établi et mise en place par les ennemis du Fils de Dieu et de son Eglise. Autrefois force civilisationnelle, le christianisme est devenu nuisible à la construction brinquebalante d’une société racialisée, genrée et identitaire, défendue par les gouvernements occidentaux à la solde des Césars modernes. Nous voilà rejeté dans l’opposition, surpris, abandonnés à notre sort, isolés dans ce monde sans principes ni valeurs autres que son confort. Sommes-nous pour autant déjà vaincus ? Avons-nous rendu les armes sans combat ?

Une balade régulière sur le net nous montre qu’en France, une véritable opposition se lève contre le joug d’un mondialisme profondément athée. D’innombrables publications contestent l’idéologie contemporaine. De nombreux intellectuels, professeurs, philosophes, écrivains, journalistes font entendre un discours divergent dans de nombreuses revues, sur des sites internet, par des vidéos et autres réseaux sociaux. La résistance existe ! Elle n’est pas mineure. Elle se développe et se propage jusque sur les plateaux télévisés, tel celui de CNEWS et son éditorialiste vedette, Eric Zemmour. Elle n’est pas forcément estampillée catholique. Elle n’en est souvent pas bien loin. Elle est bienvenue à notre époque où pointe le découragement et parfois la détresse devant la pression du « grand troupeau planétaire » (1). Au vent mauvais, pas question de se laisser emporter ! Comme l’a dit Charles Péguy : « Quand la détresse paraît, la Chrétienté revient ».

Mais en Suisse romande (pour ce qui nous concerne), qu’en est-il de la « résistance » catholique face à cette déconstruction ? Avons-nous encore envie de défendre notre religion ? Ou simplement le courage d’exister ? Dans les rangs conservateurs, pas beaucoup de nouvelles têtes, ni de nouveaux médias. Il y a même un brin d’inquiétude à observer la «nouvelle vague» qui prend le relais, ces jeunes politiciens aux principes libéraux, qui ont oublié un peu vite que « nos villes se sont construites autour de l’autel, blotties autour de l’église qui le protège » et que la « perte du sens de la grandeur de Dieu est une formidable régression vers la sauvagerie  » (2). Et dans nos propres rangs ? Nous ne trouvons pas beaucoup de nouvelles recrues pour prendre la plume et mener ce bon combat. Nous le constatons simplement. Nous les attendons tout aussi simplement. C’est pour cela que nous nous entêtons à animer Perspective catholique.

(1) et (2) Le soir approche et déjà le jour baisse, cardinal Robert Sarah, Fayard (2019)

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Lettre d’information N° 41 – 19 février 2021 | Source : Perspective catholique

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Eric Bertinat
Éric Bertinat, né à Genève en 1956, est horloger diplômé et technicien en microtechnique. Il s’engage en politique dès les années 1980 et est élu au Grand Conseil genevois en 1985. Après une interruption, il retrouve le législatif genevois en 2005, jusqu’en 2013, sous les couleurs de l’UDC, dont il sera notamment secrétaire général à Genève. Élu au Conseil municipal de la Ville de Genève en 2011, il en devient président pour la période 2018-2019. Il quitte le Conseil municipal en 2023 après douze années de mandat. Engagé depuis longtemps dans la défense de la souveraineté et de la neutralité suisses, il a également milité au sein de l’ASIN. En 2010, il fonde Perspective catholique, association consacrée à l’analyse de l’actualité politique et sociale à la lumière de la doctrine sociale de l’Église. Il a également animé la revue Controverses et collabore à diverses publications.

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour et merci pour vos initiatives !

    Une petite réflexion…

    Je suis pasteur évangélique et me pose la question si certaines démarches et actions ne devraient pas être envisagées dans un spectre plus large qu’uniquement « Catholique ».

    Effectivement, je pense que bien des soucis, déception et réactions nous rejoignent en tans qu’évangéliques, en tout cas pour une bonne partie… Ainsi, ensemble nous pouvons représenter une influence et parfois une pression plus forte et importantes…

    Recevez mes cordiales salutations,

    Christian Bussy, pasteur

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