Éric Bertinat – Alors que la querelle dans nos pays occidentaux inféodés au socialisme se bornait à choisir le vocabulaire adéquat pour parler de l’immigration, du grand remplacement de Renaud Camus au sentiment de submersion migratoire récemment utilisé par François Bayrou, l’élection de Donald Trump atomise tout ce microcosme politique, son horizon égalitaire, ses minorités sexuelles, ses engagements moraux, son utilisation somptuaire des finances publiques et son ostracisme épidermique pour ce qui relève de la loi naturelle, des dix commandements et finalement du simple bon sens.
Et la liberté d’expression ?
Il est vrai que les lignes de front bougent depuis quelques années. La droite conservatrice donne de la voix, se décomplexifie et ses rangs s’étoffent. Une droite au sens thatchérien, c’est-à-dire celle qui reconnait que la vie d’un individu lui appartient et que la responsabilité de la vivre ne peut être endossée par un autre, encore moins par l’État. Dit autrement, la société est composée de personnes qui s’associent librement et forment des communautés d’intérêts que les socialistes n’ont ni le droit de contrôler ni d’interdire. Après les années 1968, la chute du mur de Berlin mal digérée, l’immigration sans contrôle ni obligation et le triomphe du mondialisme, ses Young Global Leaders sélectionnés à Genève et son contrôle totalitaire de l’épidémie du covid, voici l’arrivée de ce qui ressemble presque à une contre-révolution, le retour brutal à la vraie liberté, dire tout haut ce qui est pensé tout bas depuis cinquante ans.
C’est dans cette actualité bouillonnante – et intercontinentale – que James David Vance, lors de la Conférence de la sécurité tenue à Munich, a livré un plaidoyer pour «la liberté d’expression» et mis en garde : Parmi tous les défis urgents auxquels les nations ici représentées font face, je ne crois pas qu’il y en ait de plus pressant que les migrations de masse. Un discours brillant, dur à entendre pour nos classes politiques ramollies par des décennies de libéralisme sous perfusion socialiste. Dur à entendre, voire impossible à comprendre.
Que Dieu vous bénisse !
Le vice-président des USA a abordé de front la question de l’avortement pour aborder celle de la liberté d’expression : comment allez-vous pouvoir réfléchir à ces questions budgétaires [les moyens nécessaires pour assurer notre défense] si nous ne savons même pas ce que nous défendons en premier lieu? Et de conclure: Nous ne devrions pas craindre notre peuple, même quand il exprime des opinions différentes de celles de ses dirigeants. Merci à tous. Bonne chance à vous tous. Que Dieu vous bénisse.
Nos responsables politiques, stupéfaits, n’ont pas trouvé le courage de répondre à ce discours. Ils se sont contentés d’attiser les tensions. Au moment où l’on parle de paix, ces gouvernements massivement rejetés par leur population, lourdement endettés et qui n’ont pas anticipé l’alliance Trump-Poutine (on ne peut que saluer leur clairvoyance!) sont donc prêts à en découdre comme le furent en 1939, la France, malgré sa ligne Maginot qui s’est avérée inefficace face à la Blitzkrieg allemande, le Royaume-Uni ou la Belgique et les Pays-Bas.
JD Vance s’est converti au catholicisme en se frottant à saint Augustin. Sans doute a-t-il aussi lu Charles Péguy qui écrivait : Celui qui ne gueule pas la vérité lorsqu’il la connaît se fait complice des menteurs et des faussaires ! —

Si l’Europe a un problème…
Le deuxième mandat de Donald Trump bouleverse la classe politique européenne, son entrisme, son antiracisme et son idéologie woke, comme une boule renversant les quilles. Voilà ce que le président américain déclare sur CNN le 18 février 2025 :
- Il n’y aura que moi et Poutine, nous n’inviterons pas de représentants de l’Europe. Il n’y aura pas de guerre pour moi, et si l’Europe a un problème avec cela, alors laissons la Russie la vaincre toute seule sans participation américaine. Pourquoi je ne veux pas que l’UE soit présente ? Parce que ses représentants ont besoin de faire la guerre, ils ont besoin d’un conflit à long terme pour couvrir leur incompétence, leurs lobbies et leur argent volé. Je classe l’UE comme un pays du tiers-monde, mais elle est un peu mieux lotie, personne ne lui dicte quoi que ce soit.
- Je ne négocierai pas avec ceux qui veulent prolonger le conflit, je ne négocierai pas avec ceux qui enverront plus d’armes, je ne négocierai pas avec ceux qui essaieront d’obtenir plus d’initiatives en matière de munitions, je ne négocierai pas avec ceux qui essaieront de prolonger le conflit.
- Je négocierai la paix, qui est évidemment un mot très censuré dans l’UE.
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Newsletter N° 251 – 19 février 2025 | Source : Perspective catholique