Eric Bertinat – La presse nous apprend ces jours-ci le lancement d’une pétition «pour améliorer l’accès à l’avortement en Suisse». Cette même presse, évidemment enthousiaste, donne largement la parole aux défenseurs d’un avortement inconditionnel et propose même à ses lecteurs un lien pour se diriger sur le site de la pétition. Inutile de remarquer qu’il n’en a pas été ainsi lors du lancement des deux initiatives visant à limiter l’avortement.

Dans lematin.ch du 12 septembre, nous découvrons les arguments en faveur de la pétition : d’une part, l’interruption de grossesse doit être supprimée du Code pénal car considérée avant tout comme une question de santé, d’autre part que l’autodétermination des femmes concernées soit garantie afin qu’elles aient le droit de faire leurs propres choix pour leur santé.

On demeure stupéfié devant ces arguties. 200’000 avortements en Suisse depuis sa dépénalisation, cela ne semble pas assez pour ces ardentes militantes. Barbara Berger, directrice de Santé Sexuelle Suisse (SSCH) enfonce le clou : «La Suisse a l’un des taux d’interruption de grossesse (IG) le plus bas d’Europe. Cela montre que nous n’avons plus besoin du Code pénal pour réglementer l’avortement, car l’IG est avant tout une question de santé».

L’avortement serait avant tout une question de santé ? Ce qui revient à dire que la grossesse est une maladie. Depuis quand une femme enceinte doit être considérée comme malade ? Réponse de ces dames : à partir de la décision de la mère d’avorter ! Le jour d’avant, elle était en bonne santé, le jour d’après, elle est malade, ce qui justifie le droit d’avorter. Avec l’espoir annoncé que la Suisse fasse de meilleurs scores en nombre d’avortements.

Comment les Suisses, et surtout les Suissesses, gobent ces propos ? Ne leurs arrivent-ils pas de réfléchir à ce qu’ils lisent dans la presse asservie à la pratique de l’avortement ?

En fait d’imbécilités, Léonore Porchet, conseillère nationale verte s’en sort plutôt bien : «La Suisse doit participer au mouvement qui garantit l’accès à l’avortement. En le sortant du Code pénal, elle serait du bon côté de l’histoire». Hors du code pénal, sans garde-fou, il serait donc plus facile d’avorter, de remonter des statistiques trop basses ? Pour qui ? Pour les professionnels de la santé ? Pour les laboratoires ? Pour la gloriole des politiciennes ? Et puis quelle histoire ? Une histoire bien évidemment écrite par cette élue et ses amies. Une histoire totalitaire qui ne supportent aucune opposition, aucune possibilité de proposer à ces femmes d’autres solutions que d’avorter. Une histoire où l’on trie et sélectionne les humains avant leur naissance. Une histoire maudite d’où la création divine est exclue par Mesdames Berger, Porchet & Co, comme sont exclues toutes les possibilités de limiter les avortements, de laisser les femmes réfléchir avant un acte d’une pareille importance.

Dimanche dernier, dans l’émission Mise au point, l’on a observé sous la coupole fédérale Léonore Porchet rechercher désespéremment des signatures pour son initiative parlementaire 22.432. En début de législature (2019) l’on comptait 89 femmes sur les 200 parlementaires formant le Conseil national. Madame Porchet n’a trouvé que 22 signatures, dont une petite douzaine de femmes dont celle de la libérale Isabelle Moret (VD). Presqu’un bide ! Triste jeu de mot.

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Newsletter N° 89 – 14 septembre 2022 | Source : Perspective catholique