Eric Bertinat –  Les quotidiens n’ont pas de mots assez forts pour dire leur satisfaction : le 1er décembre 2020, le mariage pour tous et l’accès aux dons de sperme pour les couples lesbiens ont passé la rampe du Conseil des Etats, malgré une réelle opposition qui sauve quelque peu l’honneur de tous ceux qui, contrairement à Mme Liza Mazzone, conseillère nationale verte (GE), ne pensent pas que ce vote soit “un signe qu’il y a de la magie dans l’air”. En fait de magie, une simple analyse du résultat des votes de la Chambre haute démontre que les lobbies LGBT et ses magiciens n’ont pas de quoi pavoiser et encore moins en tirer la conclusion que le mariage pour tous est sera une simple promenade de santé pour ses partisans.

De la résistance, il y en a eu. Contrairement à la propagande officielle – “C’est fait !” s’exclame lematin.ch – ce ne fut pas par une écrasante majorité que le projet a passé la rampe du Conseil des Etats : 22 sénateurs l’ont soutenu, 15 s’y sont opposés et 7 se sont abstenus. A noter que 2 élus étaient absents. Il n’y a donc eu qu’un représentant sur deux sensible à la magie du mariage pour tous. Certes, le Conseil des Etats est historiquement plus conservateur que le Conseil national. Mais un coup d’œil sur la répartition des sièges montre tout de même que la gauche (14 élus) et les partis du centre (13 élus) représentent 27 sièges. En face, le PLR (12 élus) – qui s’est prononcé en faveur du mariage des couples lesbiens – et l’UDC (7 élus) comptent 19 sièges, ce qui ne fait évidemment pas la majorité. Mais avec 50 % de sénateurs acquis à la cause de la communauté LGBT, nous voilà bien loin des 80 % de Suisses qui se disent prétendument en faveur du mariage homo. Ce chiffre, complaisamment publié par la presse, est tiré du récent sondage réalisé par GFS Zurich, mandaté par l’organisation Pink Cross.

Pire, juste avant le vote, les sénateurs ont renoncé de très peu, par 22 voix contre 20 et deux abstentions, à modifier la Constitution, ce qui aurait impliqué de soumettre l’objet au vote populaire.

Bien sûr, le Conseil national trouvera ces prochains jours une large majorité pour bénir à son tour le mariage pour tous. Et bien sûr un référendum sera lancé, ce qui aura l’avantage de ne pas laisser ce débat captif sous la seule coupole fédérale et dans la presse. Des élus qui, sur des sujets sociétaux du moins, ne représentent pas la société suisse, pas plus que les médias acquis aux lobbies LGBT. Un bon débat ne sera pas de trop pour laisser les Suisses se faire une idée de la société que leur mijote le petit monde politico-médiatique avec leur parodie du mariage. Et de voter en toute connaissance de cause ce sujet l’an prochain. Voilà la seule bonne nouvelle du jour.

Lettre d’information N° 31 – 2 décembre 2020 | Source : Perspective catholique