Sur les pas d’Hildegarde de Bingen : des ateliers pour transmettre foi et culture aux jeunes filles

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Eric Bertinat – Céline Magrini est une critique littéraire et chanteuse française engagée dans la valorisation de la langue et de la culture provençales. Née le 19 novembre 1968 à Avignon, elle est titulaire du CAPES d’occitan-langue d’oc et soutient en 2000 une thèse remarquée sur la représentation du Rhône dans les littératures française et provençale. Elle mène une double carrière artistique et universitaire. En 1996, elle fonde avec sa famille le groupe Tard-Quand-Dîne, consacré à la poésie provençale, puis crée en 2006 l’ensemble Azalaïs, dédié aux chants traditionnels et médiévaux. Elle enseigne à l’université avant de revenir en 2023 à l’enseignement du provençal au lycée Frédéric-Mistral.

Auteur de plusieurs études sur la littérature provençale
En 2007 paraît En Provence, sur le chemin des légendes, puis, en 2009 Languedoc-Roussillon sur le chemin des légendes. Elle publie en 2024 Longo-mai !, premier manuel scolaire de provençal. Récompensée par le prix Vouland en 1998, elle reçoit en 2024 le grand prix littéraire de Provence.
Cette année paraît le recueil Légendes Romanes, aux Éditions du Sauvage (2026), contenant 20 récits chrétiens de Provence & Languedoc-Roussillon, du Ier au XIIe siècle, inspirés des sources les plus anciennes ‒ hagiographies médiévales, bréviaires locaux ‒ et de la tradition orale, et précédés de notices historiques. Des premiers évangélisateurs et martyrs de la Gaule ligure aux fondateurs d’abbayes, ermites, guérisseurs, pèlerins et bâtisseurs, ces légendes romanes évoquent quelques grandes figures spirituelles qui ont façonné l’histoire religieuse du Midi.
Dans l’entretien qui suit, Céline Magrini revient sur son attachement à la figure de sainte Hildegarde de Bingen et présente les Ateliers Hildegarde, séjours destinés aux jeunes filles, où se conjuguent transmission culturelle, pratiques inspirées du Moyen Âge et vie spirituelle. —

ENTRETIEN AVEC CELINE MAGRINI

Eric Bertinat : Qu’a donc suscité votre intérêt pour sainte Hildegarde de Bingen au point d’organiser les Ateliers Hildegarde ?
Céline Magrini : J’ai connu sainte Hildegarde par le livre de Régine Pernoud, en 1994, puis j’ai eu l’occasion de travailler sur sa musique en tant que chanteuse. Puis j’ai découvert les textes de ses Visions. Il m’arrive de regretter qu’elle ne soit connue le plus souvent que pour ses traités de médecine — et encore par un biais très commercial, destiné à vendre tisanes et ouvrages de diététique plus ou moins fidèles à ses écrits. Pour une jeune fille, cette grande sainte peut être un modèle complet : une femme d’action autant qu’une contemplative, une mystique autant qu’une femme enracinée dans le réel, une musicienne, une savante (au sens médiéval), un médecin. Pour les catholiques d’aujourd’hui elle apporte, me semble-t-il, beaucoup de réponses à certaines questions brûlantes du XXIᵉ siècle, notamment en matière de bioéthique — ce qui explique sans doute que Benoît XVI la proclama docteur de l’Église en 2012. Dans le cadre des ateliers et stages que je propose aux jeunes, sa figure me permet d’introduire la pensée médiévale de manière vivante et originale, avec un regard féminin.

Eric Bertinat : Qu’entendez-vous par une immersion dans la pensée et la vie du Moyen Age sous le regard tutélaire d’Hildegarde de Bingen ?
Céline Magrini : Durant cinq jours nous découvrons la vie et l’œuvre d’Hildegarde, mais en filigrane de pratiques médiévales qui rythment les journées : chants à danser, cuisine, teinture végétales, herborisation et préparations à base de plantes, fabrication d’encre, etc…

Eric Bertinat : Nous proposons à nos lecteurs de télécharger votre prospectus (en PDF) très attractif annonçant les ateliers Hildegarde, du 27 au 31 juillet 2026). Que dire pour attirer les jeunes filles catholiques, est-ce possible que des jeunes d’autres horizons puissent être intéressées et par conséquent quel profil recherchez-vous ?
Céline Magrini : Ce séjour s’adresse d’abord à des jeunes filles catholiques, car la foi et la prière y tiennent une place réelle et quotidienne. Des adolescentes d’autres horizons peuvent néanmoins y trouver leur place, si elles sont curieuses, ouvertes et désireuses de s’engager pleinement dans ce qui est proposé, tant sur le plan culturel que spirituel.

Eric Bertinat : Une dernière question : comment se déroule une journée pendant le séjour?
Céline Magrini : Nos journées ne se ressemblent pas toutes, mais elles suivent un rythme assez régulier (avec une part d’improvisation!). Si nous sortons herboriser c’est le matin à la fraîche (nous sommes dans une région très chaude !). Nous consacrons ensuite environ une heure et demi dans la matinée à la découverte la vie d’Hildegarde et son œuvre, illustrée par des projections ou de la musique. En fin de matinée, nous préparons le repas ensemble, souvent en intégrant notre cueillette. Le repas est suivi d’un moment libre ou de repos. L’après midi débute par un moment consacré aux danses chantées (avec un éclairage sur le costume médiéval, la musique ou les enluminures), puis se poursuit par des préparations à base de plantes ou un autre atelier manuel. Après une collation, un nouveau temps libre est possible, ou bien nous partons à pieds à la chapelle de Mayran pour dire un chapelet ensemble. Le repas du soir se prend dehors, sous le prunier, parfois autour du petit brasero qui accompagne la veillée : contes, chants, jeux et prière du soir. —

Et un rappel important :
places limitées à 10 participantes.

À la suite de la décision de Mgr Lefebvre de consacrer quatre évêques, Éric Bertinat cofonde, avec ses amis les abbés La Praz et Koller, la revue Controverses (1988-1995). En 2010, il fonde l’association Perspective catholique, engagée sur des questions sociétales en lien avec la doctrine chrétienne.

Journaliste et collaborateur régulier de plusieurs publications (Le Vigilant, Présent, Una Voce Helvetica, etc.), il entame également une carrière politique dès 1984. Élu député au Grand Conseil de Genève en 1985 sous la bannière de Vigilance, il y revient en 2005 avec l’UDC et occupe plusieurs postes clés jusqu’en 2013. Il est aussi membre du Conseil municipal de Genève à partir de 2011, où il exerce diverses présidences de commissions jusqu’en 2021. Le 5 juin 2018, il est élu président de ce Conseil pour la période 2018-2019.

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Eric Bertinat
À la suite de la décision de Mgr Lefebvre de consacrer quatre évêques, Éric Bertinat cofonde, avec ses amis les abbés La Praz et Koller, la revue Controverses (1988-1995). En 2010, il fonde l’association Perspective catholique, engagée sur des questions sociétales en lien avec la doctrine chrétienne. Journaliste et collaborateur régulier de plusieurs publications (Le Vigilant, Présent, Una Voce Helvetica, etc.), il entame également une carrière politique dès 1984. Élu député au Grand Conseil de Genève en 1985 sous la bannière de Vigilance, il y revient en 2005 avec l’UDC et occupe plusieurs postes clés jusqu’en 2013. Il est aussi membre du Conseil municipal de Genève à partir de 2011, où il exerce diverses présidences de commissions jusqu’en 2021. Le 5 juin 2018, il est élu président de ce Conseil pour la période 2018-2019.