Mgr Joseph Strickland, évêque émérite de Tyler, a émis ce 27 avril 2026 la déclaration suivante à la suite de l’accueil, par le Saint-Siège à Rome, de Sarah Mullally, primat de la Communion anglicane, dans la basilique Saint-Pierre.
Déclaration pastorale sur les événements récents à la basilique Saint-Pierre et sur l’intégrité du sacerdoce
Des images et des reportages circulent montrant une femme « évêque » anglicane offrant un geste de bénédiction dans l’enceinte de la basilique Saint-Pierre. Pour beaucoup de fidèles, cela n’a pas été un moment d’unité, mais une source de profonde confusion et de tristesse.
En tant que successeur des Apôtres, je suis tenu de parler — non avec dureté, mais avec cette clarté qui naît de la charité.
Le sacerdoce catholique n’est pas une création humaine. C’est un don divin institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, confié à l’Église et préservé à travers les siècles avec fidélité et sacrifice. Par l’ordination sacramentelle, le prêtre est configuré au Christ d’une manière unique et irremplaçable, agissant in persona Christi Capitis, spécialement dans l’offrande du Saint Sacrifice de la Messe.
C’est pourquoi l’Église a enseigné de manière définitive qu’elle n’a aucune autorité pour conférer l’ordination sacerdotale aux femmes. Cet enseignement n’est pas une question ouverte au changement, à l’adaptation ou à la réinterprétation. Il appartient au dépôt de la foi.
Parce que l’Eucharistie est la véritable représentation du Sacrifice du Calvaire, le prêtre agit dans la personne du Christ Époux, qui s’offre Lui-même pour Son Épouse, l’Église. Ce mystère nuptial n’est pas symbolique — il est sacramentel et réel. Tout geste qui obscurcit cette vérité, ou qui brouille la distinction entre les Saints Ordres valides et les communautés qui ne les possèdent pas, risque d’affaiblir chez les fidèles la compréhension même de l’Eucharistie.
C’est pourquoi l’Église a toujours gardé avec le plus grand soin à la fois le sacerdoce et les paroles sacrées de l’Eucharistie. Le prêtre ne parle pas à l’autel comme simple représentant de la communauté, mais in persona Christi Capitis — dans la personne même du Christ Tête — de sorte que lorsqu’il dit : « Ceci est Mon Corps… Ceci est Mon Sang », c’est le Christ Lui-même qui parle et agit. Si cette réalité est obscurcie, ou si la forme du sacrement était altérée au point de ne plus exprimer clairement l’action du Christ par le prêtre, les fidèles pourraient être conduits à une grave confusion, et l’intégrité même du sacrement pourrait être mise en question. Pour cette raison, l’Église DOIT garder avec révérence et fidélité à la fois la réalité du sacerdoce et la forme sacrée qui lui a été confiée par le Christ.
On pourra dire qu’aucune célébration eucharistique n’a eu lieu en cette circonstance, et que ce qui s’est produit n’était qu’un simple geste de bénédiction. Pourtant, même cela ne peut être considéré à la légère. Les gestes publics dans les lieux sacrés portent une signification réelle. Lorsqu’une personne ne possédant pas les Saints Ordres valides est accueillie d’une manière qui semble affirmer ou honorer un rôle ministériel qu’elle ne peut détenir, cela risque de donner l’impression que de tels ordres sont reconnus ou interchangeables avec le sacerdoce catholique.
Ceci est une source de confusion pour les fidèles et un motif de préoccupation légitime. La véritable charité exige la clarté. Le respect des personnes ne doit jamais obscurcir la vérité sur la réalité sacramentelle des Saints Ordres, que l’Église a reçue du Christ et qu’elle n’a pas autorité pour modifier.
Pour cette raison, j’exhorte les fidèles non seulement à demeurer fermes, mais aussi à répondre par la prière et la réparation. Lorsque la confusion atteint ce qu’il y a de plus sacré — lorsque le sacerdoce et l’Eucharistie sont obscurcis — la réponse appropriée des fidèles n’est pas le silence, mais l’amour exprimé par le sacrifice.
Je vous demande donc :
De consacrer du temps à l’adoration eucharistique
De prier le Saint Rosaire avec une ferveur renouvelée
D’offrir des actes de pénitence et de réparation au Sacré-Cœur de Jésus
D’intercéder pour les prêtres, afin qu’ils demeurent fidèles à leur identité sacrée
Et de prier pour l’Église, afin qu’elle soit purifiée et affermie dans la vérité
Le Christ n’a pas abandonné Son Église.Même dans les temps d’épreuve, Il demeure présent dans l’Eucharistie — le même hier, aujourd’hui et pour toujours. La vérité du sacerdoce demeure intacte, non par la force humaine, mais parce qu’elle est enracinée en Lui.
Répondons donc, non par le désespoir, mais par la fidélité. Attachons-nous au Christ, aimons Son Église et prions pour sa purification et son renouveau.
Que la Très Sainte Vierge Marie, Mère du Souverain Prêtre éternel, intercède pour nous, afin que le sacerdoce soit renouvelé dans la sainteté et que l’Eucharistie soit toujours adorée avec la révérence qu’elle mérite.
Évêque Joseph E. Strickland
Évêque émérite
Source : FSSPX-News – 30 avril 2026

À la suite de la décision de Mgr Lefebvre de consacrer quatre évêques, Éric Bertinat cofonde, avec ses amis les abbés La Praz et Koller, la revue Controverses (1988-1995). En 2010, il fonde l’association Perspective catholique, engagée sur des questions sociétales en lien avec la doctrine chrétienne.
Journaliste et collaborateur régulier de plusieurs publications (Le Vigilant, Présent, Una Voce Helvetica, etc.), il entame également une carrière politique dès 1984. Élu député au Grand Conseil de Genève en 1985 sous la bannière de Vigilance, il y revient en 2005 avec l’UDC et occupe plusieurs postes clés jusqu’en 2013. Il est aussi membre du Conseil municipal de Genève à partir de 2011, où il exerce diverses présidences de commissions jusqu’en 2021. Le 5 juin 2018, il est élu président de ce Conseil pour la période 2018-2019.


