Père Jehan de Belleville – jubilé sacredootale 1976 – 2026

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Eric Bertinat – Premier novice de Dom Gérard à Bédoin en 1970, le père Jehan de Belleville appartient à la génération fondatrice de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux. Pendant près de quarante ans, il y exerce d’importantes responsabilités. Maître des novices durant une vingtaine d’années, il contribue à la formation de plusieurs générations de moines. En qualité de cellérier, il dirige également l’implantation, la conception et la construction de l’abbaye du Barroux à ses débuts.

En juillet 2007, il quitte toutefois cette communauté à la suite de profonds désaccords concernant son évolution liturgique et ecclésiale. Il estime notamment que la participation de certains moines à des concélébrations dans le rite réformé, ainsi que certaines prises de position relatives à la liberté religieuse et à l’œcuménisme, s’éloignent de l’esprit de la fondation et de ses constitutions. Cette séparation, douloureuse de part et d’autre, n’a cependant pas empêché le rétablissement, au fil des années, de relations fraternelles avec l’abbaye du Barroux.

En 2008, il participe à la fondation du monastère Sainte-Catherine-de-Sienne de Taggia, dont il devient le prieur. Sous son impulsion, la communauté affirme son attachement aux constitutions approuvées par le Saint-Siège et à la liturgie traditionnelle, considérée comme constitutive de sa vocation monastique. —

Sermon du jubilé sacredotale – 29 juin 1076 – 2026

Biens chers messieurs les abbés, bien chers frères, ce n’est pas sans une profonde émotion de vous voir si nombreux présents à cette messe d’action de grâce pour notre jubilé d’or sacerdotal et entouré de nombreux prêtres qui partagent avec moi la grâce du sacerdoce. Notre Seigneur Jésus-Christ a voulu transmettre son propre sacerdoce pour continuer son Sacrifice par lequel il a sauvé, il sauve et il sauvera les âmes jusqu’à la fin du monde. Il n’y a rien de plus grand et de plus sublime sur la terre que le Saint Sacrifice de Notre Seigneur Jésus Christ. Mais avant d’être un moyen de salut, le Sacrifice du Christ que célèbre chaque prêtre à l’autel, est d’abord une louange, une adoration en l’honneur et à la gloire de Dieu comme le chante la conclusion du canon de la messe : «omnis honor et gloiria».
Il faut rendre grâce à Dieu toujours et partout, mais tout particulièrement à l’occasion de ce jubilé, car «toute grâce excellente et tout don parfait descendent d’en haut, de Père des lumières».

C’est dons à Notre Seigneur Jésus Christ et à la Trinité toute entière que vont d’abord nos remerciements : La messe, c’est l’honneur et la gloire de Dieu, la messe, c’est la joie des Anges et des saints du ciel c’est le soulagement des âmes du purgatoire, la messe c’est aussi le tremblement des démons. Pour tous ces dons si grands, si infinis, merci Seigneur Jésus.

Mais Dieu aime donner à travers les causes secondes qui coopèrent à son ŒUVRE et sans lesquelles elle ne se réaliserait pas. La première des personnes par qui les sacerdoce nous est donné est la Très Sainte Vierge Marie, mère du Christ, mère du sacerdoce, mère du prêtre. Elle a été la première au pied de la croix à offrir le Sacrifice de son Fils. Pour ce don de vous-même, ô Marie, merci.

Après Marie c’est à mes chers parents, mon père et ma mère, que va toute ma gratitude. J’ai tout reçu d’eux: la vie, l’éducation et surtout le baptême qui efface le péché originel et confère la grâce divine. Par leur exemple de fidélité chrétienne ils ont préparé secrètement mon âme à recevoir l’appel à la vie consacrée et au sacerdoce. Dieu les a bénis en surabondance en appelant mes deux sœurs à la vie religieuse, l’une bénédictine, l’autre dominicaine.

Je me tourne à présent vers le très cher Père Dom Gérard Calvet, fondateur et premier abbé du monastère Sainte Madeleine. En 1970, il m’a accueilli comme son premier novice. J’avais vingt ans. La vie monastique comblait ma soif d’absolu et du don total à Dieu. Nous étions trois, lui, un frère convers, frère vincent, et moi comme postulant. Après mes parents, c’est à lui que je dois tout, ma formation spirituelle, l’amour de la louange divine unie à une règle de vie stricte. Il avait le don d’élever nos âmes aux choses du ciel, il nous parlait souvent des anges, nos compagnons à toute heure du jour et de la nuit. Cet enchantement n’allait pas sans un esprit de lutte contre tout ce qui s’opposait à Dieu en nous et dans le monde. C’est auprès de lui que j’ai pris conscience du drame que vivait l’Église, une Église occupée hiérarchiquement par les idées d’adaptation au monde et par un faux oecuménisme. Le moine est un chercheur de Dieu, un adorateur de Dieu et un sauveur d’âmes, disait Dom Gérard. Il est aussi un soldat, la paix du cœur, chère à Saint Benoît, est à ce prix : «pax in proelio» (la paix dans le combat).

C’est lui aussi, Dom Gérard, qui m’a appelé au sacerdoce que j’ai reçu des mains de Mgr Lefebvre, un grand confesseur de la foi, notre Athanase des temps modernes, excommunié comme lui, pour avoir défendu la foi catholique face à une Église devenue moderniste et libérale dans sa hiérarchie. Il lui a fallu une vision profonde de la crise et un courage inébranlable pour maintenir à contre-courant la Tradition vivante de toujours. C’est sa devise, une parole de saint Paul, qu’il a voulue être inscrite sur sa tombe: «j’ai transmis ce que j’ai reçu». C’est là le témoignage d’une grande humilité et d’un grand amour de Dieu, de l’Église et des âmes.

Je voudrais remercier tous ceux et celles qui ont organisé cette fête de notre jubilé sacerdotal, tous ceux présents qui sont venus pour nous entourer de leur amitié et de leur prière d’action de grâces et tous ceux qui ne pouvant venir m’ont témoigné leur fraternelle union et encouragement.

Mais qu’il me soit permis de citer tout d’abord don Marco Cuneo, l’ami fidèle et généreux qui a préparé notre venue dans le diocèse de Mgr Oliveri et accueilli dans son presbytère d’Artallo près d’Imperia avant de commencer notre fondation à Villatalla le 2 juillet 2008, en la fête de la Visitation. Je le remercie aussi pour les belles paroles qu’il nous a adressées ce matin, maîtrisant aussi bien le français que l’italien. Je remercie de tout coeur Mère Prieure et nos moniales qui ont passé des mois et des mois à préparer cette fête dans les moindres détails, jusqu’aux bouquets de fleurs qui ornent l’autel et l’église. Leur dévouement, leur confiance et leurs joyeux visages me touchent beaucoup.

Ma gratitude s’adresse également à dom Alcuin et à nos frères du Prieuré Saint-Benoît de Brignoles ainsi qu’à dom Bernard de Menthon, fondateur du Skite ou ermitage de Saint-Victor en France, pour leur leur belle amitié
Je remercie aussi nos frères bénédictins venus du monastère de ND de Guadalupe d’Amérique. Nous leur sommes très liés à leur monastère et et vingtième siècles à leur prieur, le RP Cyprien, par les mêmes fondateurs du dix neuvième et vingtième siècle.

Je remercie tous nos frères dans le sacerdoce pour la joie de leur présence, y compris celle de Don Filippo, le curé de la paroisse de Taggia où l’on vénère la Madonna Miracolosa, une statue de la Vierge qui, le 11 mars 1855 et ensuite à de nombreuses reprises, a tourné ses yeux vers les fidèles présents. Ces yeux qui sont des yeux de miséricorde comme le chante le Salve Regina; «Illos tuos misericordes oculos ad nos converte».
Je remercie enfin les familles Paterno et Allera pour le nettoyage de l’église et pour la préparation de l’apéritif et du repas festif. Merci de tout cœur pour votre générosité et amitié.

Je ne peux citer tous ceux qui ont concouru à la réussite de cette journée et je crois que j’en oublie beaucoup. Qu’ils me pardonnent. Merci à vous tous chers fidèles pour votre présence priante et amicale.

Que le Seigneur, maître de toute grâce, vous rende au centuple la joie et l’affection partagées en ce jour. Avec toute ma reconnaissance et ma prière fraternelle.
Qu’enfin la Vierge Marie, Mère du sacerdoce, Mère des prêtres, veille sur chacun de vous et sur vos familles. Porté par votre amitié et vos prières, je vous confie à la tendresse de son Cœur immaculé. —

 

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Eric Bertinat
Éric Bertinat a fondé en 2010 l’association Perspective catholique, engagée sur des questions sociétales en lien avec la doctrine chrétienne. Il avait auparavant animé la revue Controverses (1988-1995). Collaborateur régulier de plusieurs publications (Le Vigilant, Présent, Una Voce Helvetica, etc.), il entame également une carrière politique dès 1984. Élu député au Grand Conseil de Genève en 1985 sous la bannière de Vigilance, il revient à la politique en 2005 avec l’UDC et occupe plusieurs postes clés jusqu’en 2013. Il est aussi membre du Conseil municipal de Genève à partir de 2011, où il exerce diverses présidences de commissions jusqu’en 2021. Le 5 juin 2018, il est élu président de ce Conseil pour la période 2018-2019.