Eric Bertinat – La question du mariage homosexuel, de l’appropriation d’enfants par des personnes de même sexe ou encore de grossesses par dames porteuses rémunérées est une véritable guerre déclarée par les lobbies LGBT à tous ceux qui respectent encore la loi naturelle. La loi naturelle et divine aimerions-nous compléter.

«Dans le projet du Créateur, la complémentarité sexuelle et la fécondité font partie de la nature même du mariage» (Congrégation pour la Doctrine de la foi, Considération à propos de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles,3 juin 2003).

Cette même Congrégation pour la Doctrine de la foi s’est prononcée à nouveau contre le «mariage pour tous» dans une note publiée lundi 15 mars 2021. Elle «déclare illicite toute forme de bénédiction qui tend à reconnaître (les) unions» homosexuelles. Que ce rappel contrarie dans les lobbies LGBT ne nous surprend évidemment pas. Ce qui nous surprend, c’est la voix discordante que certains prêtres font entendre sur ce sujet au point de refuser de soutenir le référendum contre le «mariage pour tous». La question de l’homosexualité a trouvé sa réponse, la même réponse que par le passé, donnée par les numéros un et deux de la Congrégation, le cardinal Luis Francisco Ladaria Ferrer et Mgr Giacomo Morandi. Ces prélats s’appuient sur la définition de la bénédiction, en l’assimilant à «un signe sacré» qui, comme les sacrements, peut produire des «effets surtout spirituels». Or, argumentent-ils, «lorsqu’une bénédiction est invoquée sur certaines relations humaines, il est nécessaire […] que ce qui est béni soit objectivement et positivement ordonné à recevoir et à exprimer la grâce». C’est précisément pourquoi, selon le texte, on ne peut bénir une relation impliquant une pratique sexuelle hors mariage, «c’est-à-dire hors de l’union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie». Un rappel tombé en pleine récolte des signatures pour notre référendum qui n’est soutenu ouvertement que par de rares membres du clergé.

Ces précisions sont-elles encore trop… précises pour une partie du clergé qui est dans l’incapacité de tenir un discours pleinement catholique face aux lobbies homosexuels. Il y a, dans les réactions qui ont suivi le rappel du 15 mars, une attirance coupable à vouloir comprendre l’homosexualité, en rejetant la position romaine et en feignant d’ignorer que le fond du combat est la défense de la famille dans sa forme traditionnelle. Qu’elle soit religieuse ou purement civile.

Quels drôles de pasteurs d’âme avons-nous !
L’abbé Joël Pralong, directeur du Séminaire du diocèse de Sion, estime que le rappel de la Congrégation pour la Doctrine de la foi «casse la discussion et éloigne les personnes concernées. Elle est jugeante (…). On a l’impression qu’être homo, c’est un péché. Cela n’aide pas à approfondir la réalité de l’homosexualité ni à dialoguer avec l’Eglise.» L’Évêché de St-Gall, quant à lui, s’est positionné carrément contre la ligne du Vatican en matière de bénédiction des couples de même sexe.

A l’opposé, l’ancien porte-parole du diocèse de Coire, Guiseppe Gracia, livre ses convictions dans une interview à l’hebdomadaire catholique conservateur allemand Die Tagespost : “L’Église est aussi polarisée que la société, de sorte que le vent souffle à l’intérieur et à l’extérieur. Ce vent, c’est-à-dire l’esprit du temps (Zeitgeist), veut que les normes de l’Église soient les mêmes que les normes de la culture contemporaine sécularisée. Pour certains, les modes de vie des personnes éloignées de l’Église dans une société du bien-être d’Europe centrale doivent servir de principes normatifs pour réformer l’enseignement de l’Église», déplore-t-il. «Plus simplement dit, il s’agit de lire la tradition catholique à la lumière de l’esprit du temps plutôt que l’inverse, c’est-à-dire lire l’esprit du temps à la lumière de la tradition catholique».

La Conférence des évêques du Ghana ne se pose ce genre de question : elle a réitéré son rejet de l’homosexualité, appelant les dirigeants du pays, à déclarer «sans ambiguïté», leur position sur le sujet et sa pratique au Ghana. Sans ambiguïté !

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Lettre d’information N° 44 – 20 mars 2021 | Source : Perspective catholique