Le Figaro (30 mai 2026) revèle que les évêques de France s’inquiètent d’une proposition de loi examinée à l’Assemblée nationale dans le prolongement de l’affaire Bétharram. Tout en soutenant la lutte contre les violences faites aux enfants en milieu scolaire, ils estiment que plusieurs dispositions du texte portent atteinte à des libertés fondamentales.
Trois points suscitent particulièrement leur opposition :
- Le secret de la confession : le projet prévoit que les ministres du culte soient tenus de signaler les violences commises sur des mineurs, même lorsqu’ils en ont connaissance dans le cadre de la confession. L’Église rappelle que ce secret, reconnu en France comme un secret professionnel, est absolu dans la doctrine catholique et que sa violation entraîne l’excommunication du prêtre.
- Le renforcement du contrôle de l’État sur l’enseignement catholique : un contrôle quinquennal des établissements privés sous contrat pourrait porter non seulement sur les programmes, mais aussi sur l’ensemble de la vie scolaire, y compris leur « caractère propre ». Ce contrôle pourrait aller jusqu’à la fermeture d’un établissement.
- La création d’un Conseil académique de l’enseignement privé : les évêques craignent qu’il ne renforce excessivement le pouvoir des recteurs d’académie et ne conduise à une mise sous tutelle de l’enseignement privé.
L’épiscopat souligne que ces mesures risquent de remettre en cause la liberté de conscience, la liberté de culte, le secret professionnel et la liberté d’enseignement.
Enfin, l’Église rappelle qu’elle distingue le secret de la confession des autres informations obtenues dans l’exercice du ministère. Depuis plusieurs années, notamment sous le pape François, elle affirme avoir renforcé les obligations de signalement des abus sexuels lorsque ceux-ci sont connus en dehors du sacrement de réconciliation.


