Un argument qui se retourne contre Vatican II ?

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Thibaut Marqueyrol – Lorsque le Dicastère pour la Doctrine de la Foi affirme, dans sa Note Mater Populi fidelis, que «lorsqu’une expression nécessite des explications nombreuses et constantes, afin d’éviter qu’elle ne s’écarte d’un sens correct, elle ne rend pas service à la foi du Peuple de Dieu et devient gênante», il pose un principe de grande sagesse pastorale et doctrinale.

Or ce principe ne pourrait-il pas s’appliquer, avec une force inattendue, à l’ensemble de l’enseignement du concile Vatican II ? Depuis soixante ans, théologiens, évêques et fidèles se livrent à un travail incessant d’explications, de clarifications, d’«herméneutique de la continuité», de distinctions subtiles entre «lettre» et «esprit», entre «textes» et «esprit du concile». Des volumes entiers, des commissions pontificales, des débats sans fin tentent de démontrer que le concile n’a rien changé d’essentiel à la foi traditionnelle.

Pourtant, malgré cet effort titanesque et constant, le résultat reste décevant : le Peuple de Dieu est souvent plus confus qu’éclairé, la pratique de la foi a chuté dramatiquement dans de nombreux pays, et la transmission de la doctrine semble plus laborieuse que jamais. Si une expression (ou, ici, un ensemble de textes conciliaires) exige tant d’explications correctives pour demeurer fidèle au sens traditionnel, ne devient-elle pas, précisément, « gênante » pour la foi simple et droite du peuple chrétien ?

Le critère posé par le Dicastère pourrait bien se révéler à double tranchant.

Source : Lettres de Paix liturgique (N° 1360)

Thibaut Marqueyrol