Los domingos : quand le cinéma redécouvre la vocation catholique

0
67

Mirco Canoci – Dans un cinéma contemporain souvent marqué par le scepticisme ou l’ironie envers la religion, le film espagnol Los domingos fait figure d’exception. En racontant la vocation religieuse d’une jeune fille, il remet au cœur du débat une question oubliée : celle de l’appel de Dieu.

Un film primé au succès inattendu
Los domingos, film espagnol actuellement en salle en Suisse, a déjà reçu le prestigieux prix La Concha de Oro au Festival international du film de Saint-Sébastien ainsi que le Goya du meilleur film. Ce drame raconte l’histoire d’une jeune fille de 17 ans, brillante élève et orpheline de mère, qui annonce à sa famille son désir de se consacrer à la vie religieuse.
La décision de l’adolescente provoque rapidement des tensions au sein de sa famille. Son père, confus et distant, peine à comprendre cet appel spirituel. Sa tante, quant à elle, nourrit une profonde aversion pour l’Église catholique et considère que la jeune fille est manipulée par l’institution. Le film met ainsi en scène le choc entre une vocation authentique et le scepticisme du monde contemporain.

Malgré une mise en scène lente et parfois contemplative, Los domingos se distingue par son traitement ouvertement religieux. Dans un contexte dans lequel le cinéma grand public a souvent raillé ou ignoré le catholicisme, ce film surprend par la place qu’il accorde à la foi et à la mission de l’Église. Comme le souligne l’article du responsable de l’association consacré à The Chosen,(voir notre article du 7 mars 2026) le cinéma contemporain semble redécouvrir peu à peu l’importance du message chrétien.

Les religieuses y sont présentées de manière positive, incarnant l’amour, la chasteté et la discipline. Plusieurs dialogues marquants soulignent cette dimension spirituelle, telle cette magnifique phrase : «L’appel vient de Dieu.»
Fait notable, l’antagoniste n’est pas un catholique dévoyé mais une athée convaincue. La tante, farouchement opposée à la foi, utilise tous les arguments possibles pour détourner sa nièce de son chemin spirituel, allant jusqu’au blasphème.
La réponse de la jeune fille, empreinte de douceur et de pardon chrétien ; «Je vais prier pour toi», illustre la profondeur morale et spirituelle du récit.

Entre désordre du monde et ordre spirituel
Los domingos ne se limite pas à un simple récit individuel. Le film établit un contraste frappant entre deux univers.
D’un côté : la désunion familiale, les jeunes égarés et l’alcool. De l’autre : l’ordre, la beauté et la joie que semble procurer la vie religieuse.
Les messes et les rituels, bien que présentés dans une forme parfois modernisée, portent néanmoins un message clair : la foi, la discipline et la communauté chrétienne constituent les fondements d’une vie harmonieuse et vertueuse.

Vers un renouveau du cinéma spirituel ?
La sortie de Los domingos semble s’inscrire dans une tendance plus large : la réapparition d’un cinéma redonnant une place aux figures religieuses et à la spiritualité chrétienne. Le film sorti récemment dans les salles romandes Teresa, consacré à la vie de Mère Teresa, illustre également cette dynamique. Le public paraît aujourd’hui en quête de sens, peut-être lassé par la saturation des blockbusters de super-héros. Si ces derniers mettent parfois en scène des figures aux pouvoirs quasi divins, ils ne sauraient remplacer la Vérité incarnée par le Christ.

Dans un paysage cinématographique souvent dominé par le divertissement spectaculaire, Los domingos rappelle que le cinéma peut encore s’aventurer sur des terrains plus profonds. En mettant au centre de son récit la vocation religieuse d’une adolescente, le film aborde une question rarement traitée aujourd’hui : celle de l’appel de Dieu et du sens de la vie.

Qu’on partage ou non la foi des personnages, il est difficile de ne pas être frappé par le contraste que le film établit entre le tumulte du monde moderne et la sérénité que semble offrir la vie religieuse. À une époque marquée par la recherche de repères et de sens, cette œuvre montre que le cinéma peut encore devenir un espace de réflexion spirituelle. Peut-être est-ce là le signe d’un frémissement plus large : celui d’un retour, même discret, du religieux dans l’art contemporain. —

Article précédentL’archevêque Fulton J. Sheen, reconnu comme l’un des plus grands prédicateurs américains, sera béatifié en septembre
Article suivantJésus meurt sur la croix
Mirco Canoci
Mirco Canoci

Mirco Canoci s’est forgé un regard lucide et nuancé à la croisée de l’expérience de terrain et de la réflexion intellectuelle. Titulaire d’un CFC de bibliothécaire, il a travaillé dans des domaines variés allant de la sécurité à la vente, en passant par les bibliothèques publiques et universitaires, ainsi que l’archivage privé. Ce parcours diversifié nourrit une approche ancrée dans le réel, attentive aux enjeux sociaux et culturels de notre époque. Collaborateur de Perspective catholique, il a auparavant écrit pour un parti politique et une fondation. Actif durant plusieurs années dans différentes associations bénévoles, dont la Croix-Rouge, il reste attentif aux réalités concrètes de la vie sociale. Attaché à certaines valeurs morales et sociétales il cultive une pensée indépendante, soucieuse de justice, de vérité et de cohérence humaine. Polyglotte et passionné par le dessin, la lecture, le cinéma, le sport et les voyages, il voit dans ces activités autant de moyens d’élever l’âme, d’exercer le regard et de mieux comprendre la condition humaine. Fidèle à l’esprit des valeurs chrétiennes et enraciné dans celles-ci, il croit que la profondeur d’une pensée naît à la fois de l’expérience, de la contemplation et de la réflexion personnelle.