La contraception condamnée par l’Église (1/4) : Tout n’est pas permis !

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Abbé Thibault de Maillard – Ce qui est nouveau n’est pas nécessairement un progrès.
Il y a des limites qui sont attachées à notre nature humaine. Les franchir, c’est risquer la « casse » humaine, parfois irrémédiable.
Voilà le discours paternel et ferme que nous adresse l’Église catholique, pour nous éviter de jouer à l’adolescent immature, et devoir ensuite le payer au prix fort.
Soyons raisonnables, tout n’est pas permis : la contraception est condamnée par l’Église. Ce n’est pas pour rien. Rappel de vérités qui sauvent.

L’enseignement de l’Église
La contraception désigne tout moyen qui empêche une grossesse par des procédés irréversibles, mécaniques ou chimiques. Elle brise la nature essentielle de l’acte conjugal dont le terme normal est l’éclosion de la vie. (Abbé François Knittel, Au service de la vie, Cerf, 2022)

La condamnation de la contraception est-elle une invention récente ? Non, parce que l’Ancien testament nous montre déjà la réprobation de Dieu pour ce péché : «Alors Juda dit à Onan : Va vers la femme de ton frère, remplis ton devoir de beau-frère et suscite une postérité à ton frère. Mais Onan savait que cette postérité ne serait pas à lui et, lorsqu’il allait vers la femme de son frère, il se souillait à terre afin de ne pas donner de postérité à son frère. Son action déplut au Seigneur, qui le fit mourir lui aussi.» (Genèse 38, 8–10)
Saint Augustin a également décrit le problème en disant que «la femme y est la prostituée de son mari, le mari y est l’adultère de sa femme» (De nuptiis et concupiscentia, XV, 17)
Pie XI, plus récemment a dit que « tout usage du mariage quel qu’il soit, dans l’exercice duquel l’acte est privé, par l’artifice des hommes, de sa puissance naturelle de procréer la vie, offense la loi de Dieu et la loi naturelle, et ceux qui auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d’une faute grave » (Encyclique Casti Connubii, D.S. 3717)

Enfin, Paul VI continue à exposer la Tradition quand il dit : «En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, Nous devons encore une fois déclarer qu’est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l’interruption directe du processus de génération déjà engagé […]. Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation.»

Les motifs de la condamnation
Pourquoi l’Église catholique a-t-elle donc toujours condamné la contraception ? Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ! Dans le mariage, la procréation et l’éducation sont unis au soutien mutuel par la nature même des choses. Les séparer, c’est briser l’ordre voulu par Dieu, et déchaîner les nombreuses conséquences négatives issues de cette dissociation.

Dans la vie rien n’est vraiment gratuit, et dans la nature non plus. Les applications gratuites sur Internet se paient par un transfert d’informations. Un repas trop arrosé se paie de quelques difficultés à travailler. Cette loi nous aide à être raisonnable et à ne pas abuser. Elle nous force à nous fixer des limites. Avec la contraception, le plaisir devient gratuit, du moins à court terme. Plus besoin de se fixer des limites. Qui va en pâtir ?
Ce sont les usagers de la contraception en premier, parce qu’ils vont rapidement acquérir une véritable mentalité contraceptive : celle du plaisir à outrance. Une mentalité proche de celle du post-adolescent immature, qui veut les plaisirs de la vie sans les efforts ! Une mentalité qui engendre donc la logique du moindre effort, de la recherche des loisirs et de la jouissance à tout prix. Pas seulement la jouissance qui utilise les contraceptifs, mais les autres aussi, légales ou non.

La chute sera d’autant plus cruelle. Le jour où jouir ne sera plus possible. Limite d’âge. Solitude. Mépris. Mépris : parce que l’égoïsme jouisseur ne mérite pas le respect. Toute chose a une fin. C’était écrit dans la nature. La nature ne se laisse jamais piétiner sans répondre. Elle prend son temps et nous fait payer chaque fois que nous l’enfreignons. Rien n’est gratuit, tout se paye.

Il nous reste à remercier Dieu de nous avoir éclairé sur les limites à ne pas dépasser pour éviter les désillusions sur Terre, et plus encore dans l’Au-delà. A nous d’être chrétiens en vérité et non de bouche seulement. Notre-Seigneur rapprochait déjà il y a 2000 ans : «Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.» (Matthieu 15, 18) Il nous revient d’ajuster notre cœur sur ses enseignements de sagesse, même s’ils nous coûtent. C’est le prix du bonheur. —