Le monde cherche un roi

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Nicolas Moulin – «En avançant en âge, l’humanité cherche à réaliser une unité toujours plus grande, car elle sent confusément que l’unité est un bien, un principe d’ordre et de paix.» Ainsi s’exprime Dom J. de Monléon dans son ouvrage Le Christ-Roi lorsqu’en guise de préambule à son œuvre, il montre que l’humanité recherche naturellement un roi universel. Alors que la Suisse a participé en tant qu’observatrice au nouveau «board of peace», interrogeons-nous sur les déficiences de fond de ces regroupements internationaux.

La dictature internationale du prolétariat promettait la suppression de toutes les causes qui divisent les peuples. La paix serait sans nuage et les guerres qu’un lointain souvenir. L’idée a subjugué et fait se soulever des peuplades entières. Mais le résultat fut bien autre : corruption, injustice et oppression.

De même, après les horreurs de la première guerre mondiale, la Société des Nations voit le jour. Le désarmement collectif, la résolution de conflits ou encore l’amélioration de la qualité de vie en furent des points centraux. Malgré notamment plusieurs désescalades réussies, elle échoua sur le long terme dans son rôle. Le célèbre moine bénédictin, cité au préalable, analyse cet échec en rappelant tout d’abord qu’un pouvoir «royal» est judiciaire, législatif et exécutif. La Société des Nations avaient les deux premiers mais l’exécutif lui manquait. Aucun moyen de remettre à l’ordre les récalcitrants et les désobéissants. Pauvre chevalier sans épée !

L’ONU s’est ensuite imposée comme la nouvelle police du monde, comptant succès et défaites. Mais les événements récents n’ont fait que surligner un système à bout de souffle, peut-être même désuet. Les droits de l’homme, comme annonçait le pape Jean-Paul II à cette même assemblée en 1995, devait être «la structure intérieure » de ce mouvement mondial. Triste destin pour cette société contre laquelle l’enfer semble finalement prévaloir malgré ses nouveaux « commandements».

La paix est définie comme la tranquillité de l’ordre par Saint Augustin. Elle se compose donc de deux éléments clefs, inséparables, sans lesquels la paix ne serait qu’une illusion. L’ordre, qui est l’orientation des réalités vers leur fin propre, provient de la justice, nous explique Dom de Monléon alors que la tranquillité résulte de la charité. Justice et charité sont donc essentielles à l’obtention de cette paix tant convoitée.

Malgré tout, saint Thomas d’Aquin se pose quand même la question : est-il possible d’atteindre un état de paix par la justice seulement ? Non, répond-il, car même si elle peut faire régner l’ordre, les concupiscences causeront sans cesse des transgressions que seule la charité peut dompter. En effet, les concupiscences sont ces mouvements bien connus de la sensualité, de l’avidité des biens de ce monde ainsi que la soif de gloire que nous possédons tous, héritiers d’Adam que nous sommes.

Alors que manquent-ils à ces multiples sociétés internationales ? «Deus caritas est» ou dans un autre idiome : Dieu est charité. Il leur manque Dieu, il leur manque la charité ! La fraternité de la Révolution française, la solidarité de Lénine, l’humanitarisme de François, l’équité de George Soros ; tous se heurtent aux limites humaines. Ils auront tous remarqué la nécessité d’une composante de cohésion sociale et tous se seront dirigés dans la même direction. Mais ayant refusé la couronne au Christ, les sociétés humaines errent encore et toujours sans succès dans une recherche de paix illusoire.

Accepter le Christ pour roi, c’est Lui soumettre notre corps, nos intelligences et nos âmes. La charité est un principe unificateur de toute notre vie, pas seulement au niveau de l’organisation sociale. Alors, instruisez vos citoyens par la Vérité, permettez qu’ils orientent leur vie vers le salut, en un mot : intronisez le Christ-Roi et vous aurez, chers présidents, un roi du monde, un roi de paix.

Nicolas Moulin

Né en 1997, Nicolas Moulin est un jeune valaisan dont le parcours allie ingénierie et spiritualité catholique. Ingénieur aéronautique de formation, il passe son temps dans l'univers binaire des mathématiques pour faire vivre les siens. Entre le Bachelor et le Master, c'est vers le séminaire de la FSSPX que celui-ci se tourne pour former son âme catholique par l'étude et la méditation. Passionné par le Magistère et par une vision chrétienne de la société, il a rejoint l'équipe de Perspective Catholique avec laquelle il espère faire lire l'actualité avec un regard chrétien.

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Nicolas Moulin
Né en 1997, Nicolas Moulin est un jeune valaisan dont le parcours allie ingénierie et spiritualité catholique. Ingénieur aéronautique de formation, il passe son temps dans l'univers binaire des mathématiques pour faire vivre les siens. Entre le Bachelor et le Master, c'est vers le séminaire de la FSSPX que celui-ci se tourne pour former son âme catholique par l'étude et la méditation. Passionné par le Magistère et par une vision chrétienne de la société, il a rejoint l'équipe de Perspective Catholique avec laquelle il espère faire lire l'actualité avec un regard chrétien.

1 COMMENTAIRE

  1. Merci Nicolas et bienvenue ! L’Humanic sombre car les forces maçonnes de diverses tendances et provenances avec leurs copains de la Trilatérale, des davosiens et des fréristes ont troué la coque. Sur le pont arrière l’orchestre joue du rap antifa. Dans l’eau, avant de se noyer, les ploucs filment le naufrage avec leurs iphones 17….je retourne dans mon jardin méditer et prier!

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