Misère sentimentale chez les femmes : l’échec de la révolution sexuelle

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Mirco Canoci – Une libération annoncée… Mai 68 promettait une femme nouvelle : autonome, épanouie, délivrée des contraintes morales et familiales. La «libération sexuelle» fut présentée comme une victoire définitive. Or, plus de cinquante ans après, un constat s’impose : la promesse s’est transformée en piège. Derrière l’image d’émancipation se cache une souffrance affective grandissante, une solitude accrue et un recours massif aux psychotropes.
Les données sont révélatrices :
• les femmes consomment deux fois plus d’antidépresseurs que les hommes.
• selon la psychiatre américaine Julie Holland, une femme sur quatre prend régulièrement un médicament psychotrope.
Ces traitements entraînent notamment une réduction du désir, ce qui fragilise encore davantage la vie de couple et la rencontre. Une spirale s’installe : moins de désir, moins de relations ; moins de relations, plus de détresse ; la boucle est bouclée.

Des confidences qui se multiplient
Les témoignages de femmes en souffrance se font de plus en plus nombreux. Et ils dessinent un même tableau : une vie affective brisée.
Claire, 32 ans, raconte : « Quand un homme me plaît, j’ai l’impression d’être handicapée. Mon corps ne suit plus. J’ai peur et je me ferme. »
Une internaute, en couple depuis quatre ans, confie : « Cela fait deux ans que nous n’avons plus de relations. Je me sens rejetée. Je me suis laissée aller. Je ne sais plus quoi faire. »
Ces récits ne sont ni anecdotiques ni isolés. Ils révèlent une fragilité féminine trop longtemps passée sous silence, alors même qu’on disait les femmes « libérées » notamment grâce au féminisme.

L’exploitation commerciale de la détresse
La souffrance féminine fait désormais vivre tout un marché. La presse dite « féminine » en a fait son fond de commerce avec des titres accrocheurs tels que :
• «Comment trouver l’amour cet été ?»
• «Nos 5 astuces pour lui plaire»
• Et d’autres plus obscènes…
Chaque détresse devient une opportunité de clic, de vente, de consommation.
Les arnaques sentimentales se multiplient également. Des femmes, isolées, versent parfois des milliers d’euros à de faux amants virtuels manipulant leur vulnérabilité affective. À la blessure du cœur s’ajoute alors la blessure financière.

L’illusion du plaisir
Un des symptômes révélateurs de ce problème est la substitution de l’intimité réelle par l’intimité artificielle. (Lire les précédents articles sur le sujet : «Misère sexuelle et affective (suite)» ainsi que «La pornographie, poison de l’âme et fléau de notre temps» et «Quand le porno embrouille le désir».)

Les chiffres avancés par certaines études montrent des proportions élevées de ce que l’on pourrait appeler dans le jargon psychiatrique «une hypersexualité féminine» :
• 8 femmes sur 10 posséderaient un sex-toy.
• 63 % préféreraient l’utiliser plutôt qu’avoir un rapport sexuel avec leur partenaire.
• parallèlement, la pornographie féminine explose : 29 % des visiteurs d’un grand site pornographique seraient des femmes.
• plus de 50% d’entre elles en ont visionné le mois dernier.
• jusqu’à 44% de consommatrices régulières selon certaines études.
A noter que cette tendance concerne aussi bien les femmes mariées ou en couple. Cela nous montre que le désir se déconnecte du réel, le lien se brise et la solitude s’installe.

Le grand malentendu entre hommes et femmes
Autre phénomène récent : de nombreuses femmes affirment que les hommes n’osent plus les approcher. Sur les réseaux sociaux, certaines témoignent en larmes de leur invisibilité nouvelle : elles ne sont plus abordées, ne savent plus comment plaire, se sentent transparentes.
Le climat culturel joue un rôle majeur. La frontière entre drague et harcèlement s’est considérablement brouillée à travers des idéologies féministes confondant séduction et harcèlement. Or, pour certaines, toute interaction envers le sexe opposé est considérée comme du harcèlement ! Ainsi, certains hommes, pour éviter tout risque de malentendu, préfèrent s’abstenir de toute initiative.
En témoignent deux personnalités médiatiques :
• Un ancien politicien suisse (préférant rester anonyme) explique ne plus oser un simple geste amical avec une collègue féminine par peur de malentendu.
• Le YouTubeur Aldo Sterone affirme ne plus prendre l’ascenseur au travail lorsqu’une femme seule s’y trouve, et ceci par simple prudence.
Ce climat de méfiance empêche la rencontre… et nourrit la solitude.

Le célibat féminin progresse
Quelques données suisses soulignent l’ampleur du phénomène :
• 38 % des femmes de plus de 64 ans vivent seules.
• Si 46 % des célibataires affirment l’être « par choix », seules 25 % s’en disent réellement satisfaites.
La carrière a pris le pas sur la famille. L’âge du premier enfant ne cesse d’augmenter :
• 31,3 ans en 2024.
• Contre 28,3 ans il y a vingt ans.
Avec l’augmentation des divorces, une part croissante de femmes se retrouvent seules, parfois avec une situation familiale et financière instable. (Lire l’article « Les divorces en Suisse ».)

Le business du conseil amoureux : symptôme d’une crise
Face à l’incompréhension grandissante entre les sexes, les « coachs sentimentales » autoproclamées prolifèrent de manière exponentielles ces dix dernières années. Elles proposent, moyennant finance, d’expliquer aux femmes comment séduire et maintenir un homme pour une relation sérieuse… ou pas.
Derrière ces offres, la même plainte récurrente : «Les hommes se désengagent. Nous ne sommes plus vues.», «Je veux du sérieux, mais je ne trouve que des hommes indisponibles.», «Sur les applications, tout commence bien… puis l’homme disparaît.».
Nous assistons à une rupture de plus en plus profonde entre hommes et femmes, alimentée par le consumérisme, l’individualisme, les blessures affectives et la culture du «tout jetable».

Conclusion : redécouvrir l’essentiel
La misère sentimentale féminine n’est pas le fruit du hasard : elle est le résultat d’un modèle de société qui a échoué. La révolution sexuelle a donné l’illusion de libérer les corps… mais souvent au détriment des cœurs et d’une réelle stabilité sentimentale.
Cette “liberté” érigée en idéal s’est transformée, pour beaucoup, en une forme d’asservissement intérieur. Redonner sens aux relations humaines implique de revenir à des repères fondamentaux qui reconnaissent la valeur, la dignité et la complémentarité de l’homme et de la femme. Sans ces fondations, la solitude ne peut que s’amplifier ; avec elles, au contraire, la rencontre redevient possible, féconde et durable.
Comme le rappelle l’Évangile : « Au commencement, le Créateur fit l’homme et la femme […] et les deux deviendront une seule chair. » (Mt 19, 4-6).

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Mirco Canoci
Mirco Canoci

Mirco Canoci s’est forgé un regard lucide et nuancé à la croisée de l’expérience de terrain et de la réflexion intellectuelle. Titulaire d’un CFC de bibliothécaire, il a travaillé dans des domaines variés allant de la sécurité à la vente, en passant par les bibliothèques publiques et universitaires, ainsi que l’archivage privé. Ce parcours diversifié nourrit une approche ancrée dans le réel, attentive aux enjeux sociaux et culturels de notre époque. Collaborateur de Perspective catholique, il a auparavant écrit pour un parti politique et une fondation. Actif durant plusieurs années dans différentes associations bénévoles, dont la Croix-Rouge, il reste attentif aux réalités concrètes de la vie sociale. Attaché à certaines valeurs morales et sociétales il cultive une pensée indépendante, soucieuse de justice, de vérité et de cohérence humaine. Polyglotte et passionné par le dessin, la lecture, le cinéma, le sport et les voyages, il voit dans ces activités autant de moyens d’élever l’âme, d’exercer le regard et de mieux comprendre la condition humaine. Fidèle à l’esprit des valeurs chrétiennes et enraciné dans celles-ci, il croit que la profondeur d’une pensée naît à la fois de l’expérience, de la contemplation et de la réflexion personnelle.

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