Recension : «Le pontificat de Léon et ce mécontentement croissant»

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Eric Bertinat – Ce texte de Carlo Foresti, repris par le blog Benoît-et-moi (30 août 2026) analyse le décalage entre le style et le fond du début du pontificat de Léon XIV. L’argument central de l’auteur est celui d’une «révolution esthétique» sans changement de substance. Il pointe des gestes symboliques (retour au Palais apostolique, reprise des séjours à Castel Gandolfo, remise directe du pallium) qui avaient, selon lui, nourri l’espoir d’une rupture avec le pontificat de François, espoir que l’auteur juge déçu, puisque des figures comme les cardinaux Fernández et Zuppi restent en place et que le «chemin synodal» allemand ne rencontre pas, à ses yeux, d’opposition ferme.

L’épisode que Carlo Foresti présente comme le plus emblématique est le message adressé en mars à Sarah Mullally, nouvelle primate de la Communion anglicane, où le pape l’a qualifiée de «Révérendissime». L’auteur y voit une double transgression : une reconnaissance implicite d’un ministère féminin épiscopal, contraire à la Lettre apostolique de Jean-Paul II (Ordinatio sacerdotalis) et une déférence envers une personnalité favorable à l’avortement et au mariage homosexuel. Il qualifie cela de «protestantisation» de l’Église, un jugement qui reste propre à l’auteur et à la sensibilité qu’il représente.

Carlo Foresti insiste enfin sur le silence du pape concernant Traditionis custodes, le motu proprio restreignant la messe traditionnelle, ainsi que sur la crispation des relations avec la Fraternité Saint-Pie X. Il y voit un abandon des catholiques attachés au rite ancien. Mais il reconnaît que sa critique repose sur une fraction du catholicisme mondial. Léon XIV déçoit aussi les catholiques progressistes, pour des raisons inverses : «En cherchant à ne mécontenter personne, le pape finit par paraître ambigu, voire indifférent au sort de la Foi».

Nous avons là un bon résumé, d’une opinion de plus en plus perceptible sur de nombreux blogs conservateurs : d’abord favorablement impressionnés par l’image dégagée par le pape, ces milieux se disent aujourd’hui toujours plus déçus par cette entame de pontificat. —

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Eric Bertinat
Éric Bertinat, né à Genève en 1956, est horloger diplômé et technicien en microtechnique. Il s’engage en politique dès les années 1980 et est élu au Grand Conseil genevois en 1985. Après une interruption, il retrouve le législatif genevois en 2005, jusqu’en 2013, sous les couleurs de l’UDC, dont il sera notamment secrétaire général à Genève. Élu au Conseil municipal de la Ville de Genève en 2011, il en devient président pour la période 2018-2019. Il quitte le Conseil municipal en 2023 après douze années de mandat. Engagé depuis longtemps dans la défense de la souveraineté et de la neutralité suisses, il a également milité au sein de l’ASIN. En 2010, il fonde Perspective catholique, association consacrée à l’analyse de l’actualité politique et sociale à la lumière de la doctrine sociale de l’Église. Il a également animé la revue Controverses et collabore à diverses publications.