Eric Bertinat (avec le concours précieux de Michelle Cailler, présidente de la Fondation Themisia Gioia) – Le Grand Conseil genevois est sans dessus-dessous. Un projet de l’UDC veut interdire le port du burkini dans les piscines, reprenant plusieurs textes déposés sur le bureau du Conseil municipal de la Ville de Genève, et instaurer une norme pénale afin de criminaliser cet excès de pudeur. La gauche s’y oppose, non sans arguments pertinents. «C’est en effet l’impudeur ou, disons, l’exhibitionnisme, qui est traditionnellement sanctionnée», a fait remarquer Carole-Anne Kast (La Tribune de Genève – 23 février 2026). C’est cette même magistrate, socialiste, qui a contesté le troisième débat, soit le vote final, pour des raisons juridiques, reportant de facto celui-ci à la prochaine séance parlementaire.
Les précisions de Perspective catholique
Le burkini ne constitue pas, selon nous, un simple choix vestimentaire individuel. Il est l’expression d’une norme religieuse et sociale déterminée, promue dans un contexte où certains courants entendent affirmer une visibilité identitaire croissante dans l’espace public. La question posée au législateur dépasse donc l’esthétique ou l’hygiène : elle est symbolique et politique.
Les piscines publiques sont des lieux de détente et de mixité ; elles ne devraient pas devenir le support de revendications communautaires. D’autant plus que le burkini, même en terre d’islam, ne constitue pas la norme ordinaire, mais relève plutôt de courants rigoristes.
Du point de vue chrétien, la pudeur ne repose pas sur l’idée que l’homme serait incapable de se maîtriser, mais sur une vision de la société où chacun contribue à un climat moral sain. Une conception qui impose à la femme de se couvrir afin de protéger le regard masculin véhicule implicitement une vision inégalitaire de la relation entre l’homme et la femme.
Inversement, lorsque la pudeur disparaît, les relations humaines risquent d’être marquées par l’excitation permanente, la superficialité et la perte du sens de la personne. Si notre société a connu des excès de sexualisation, la réponse ne saurait être un autre excès consistant en un effacement prescrit.
Une question mal posée
Cela étant dit, le cœur du débat ne réside sans doute pas dans le vêtement de bain lui-même, mais dans la question migratoire. Le burkini est interprété par une partie de la population comme l’emblème visible d’une immigration majoritairement musulmane, ce qui nourrit appréhensions et crispations. Or l’interdiction envisagée n’affronte ni la gestion des flux migratoires ni les défis concrets de l’intégration ; elle se contente de cibler un marqueur symbolique associé à cette immigration, sans agir sur les causes ni sur les mécanismes d’inclusion.
Un parlementaire de l’UDC a d’ailleurs explicité la logique à l’œuvre en revendiquant l’instauration d’un «droit de discriminer» et l’affirmation d’une identité, à l’instar de l’épisode des minarets. On quitte ainsi le registre de la santé publique ou de la sécurité pour entrer dans celui d’une législation dirigée contre un groupe de personnes, déplaçant la finalité de la loi vers une fonction de démarcation identitaire.
Les limites juridiques d’une interdiction pénale
Du point de vue juridique, l’instrument pénal apparaît mal employé. En tant qu’ultima ratio, le droit pénal ne se justifie que pour la sauvegarde de biens juridiques déterminés, tels que l’intégrité, la sécurité ou la dignité, et sous réserve d’un préjudice objectivable. En l’espèce, aucun dommage concret n’est établi : le dispositif vise un habit plutôt qu’un comportement nuisible. Une telle construction normative, dépourvue de lien proportionné avec la protection d’un intérêt juridique précis, se révèle fragile et aisément contestable.
S’agissant de la laïcité, le cadre genevois garantit aux usagers la possibilité de porter des signes religieux, sauf dans l’exercice de certaines fonctions publiques. Proscrire le burkini reviendrait à détourner ce principe en filtre identitaire, non pour assurer la neutralité des institutions, mais pour effacer des marqueurs perçus comme «importés» par l’immigration. On passerait ainsi d’une laïcité de neutralité étatique à une laïcité de contrôle des apparences, incompatible avec l’égal accès aux services publics.
Des effets sociaux contre-productifs
Une telle interdiction discriminerait d’abord les femmes les plus précarisées dans leur autonomie vestimentaire. Celles qui disposent du moindre pouvoir de négociation seraient de facto exclues des piscines. Sous couvert d’émancipation, on les renverrait en réalité à l’espace domestique, substituant à une contrainte patriarcale d’origine privée une contrainte d’État, sans renforcer leur capacité d’agir.
Enfin, loin de favoriser la cohésion, une telle loi risquerait d’exacerber les fractures. Elle ne réduirait ni l’immigration, ni l’influence de l’islamisme, ni les obstacles à l’intégration. Elle attiserait le ressentiment, alimenterait les replis communautaires et banaliserait l’idée périlleuse d’un droit à discriminer dans l’espace public — avec des effets contre-productifs sur la confiance civique et l’inclusion sociale.
Une nouvelle fois, l’UDC-Genève s’y prend mal. Sans doute fait-elle plaisir à son électorat, mais ainsi faisant, les résultats sont bien maigres, l’immigration n’est pas maîtrisée et l’intégration de ces communautés très partielle. En novembre dernier déjà, son projet de loi visant à interdire tout signe religieux à ses élus ne nous avait pas convaincus. Nous relevions le paradoxe consistant à prétendre lutter contre une idéologie politique tout en restreignant, en réalité, la liberté de croyance de l’ensemble des citoyens (voir notre article – «Genève interdit tous signes religieux à ses élus : Une réponse radicale à un malaise ciblé».
La votation populaire du 7 mars 2021 («Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage») a montré l’attachement d’une large part de la population à certaines limites concernant la visibilité religieuse dans l’espace public. Il appartient toutefois au législateur de déterminer, avec prudence et cohérence, un cadre applicable à tous, dans le respect de l’égalité de traitement, de la paix sociale, et sans céder à des réponses symboliques dont la portée juridique et politique demeure incertaine.
À la suite de la décision de Mgr Lefebvre de consacrer quatre évêques, Éric Bertinat cofonde, avec ses amis les abbés La Praz et Koller, la revue Controverses (1988-1995). En 2010, il fonde l’association Perspective catholique, engagée sur des questions sociétales en lien avec la doctrine chrétienne.
Journaliste et collaborateur régulier de plusieurs publications (Le Vigilant, Présent, Una Voce Helvetica, etc.), il entame également une carrière politique dès 1984. Élu député au Grand Conseil de Genève en 1985 sous la bannière de Vigilance, il y revient en 2005 avec l’UDC et occupe plusieurs postes clés jusqu’en 2013. Il est aussi membre du Conseil municipal de Genève à partir de 2011, où il exerce diverses présidences de commissions jusqu’en 2021. Le 5 juin 2018, il est élu président de ce Conseil pour la période 2018-2019.




C’est la politique du saucisson et nous cédons de plus en plus aux sémites des deux bords juifs et arabes qui nous imposent avec tant de facilités leur habitudes alimentaires sous les vivas des gros distributeurs, leurs habitudes vestimentaires, leurs innombrables fêtes , les abatages rituels et la présence des rabbins dans certaines chocolatries, leurs constructions cultuelles, leurs associations diverses qui s’immiscent de plus en plus dans nos propres manifestations populaires avec leurs stands de bouffes favorisés par nos goûchiasses ( des cocos aux libéraux en passant par les centristes vaticanistes II et aux radicaux) . Ils vont nous interdire nos croix sur nos sommets et faire changer le pacte fédéral, notre plèbe a toute les chances d’approuver car nous ne savons bientôt plus qui est d’ici. Même nos juges sont compatissants devant les racailles.
Nous sommes certes moins malades que nos voisins, mail n’en venons pas là. Mais sans y veiller, ce sont eux qui nous diront bientôt de nous en aller.